À peine de retour de vacances parlementaires, le député national Patrick Eshiba prend ses responsabilités à bras-le-corps.
Son engagement se traduit par une volonté farouche de défendre les droits des travailleurs journaliers de la Tshangu, une réalité que de nombreux élus semblent ignorer. Eshiba se positionne non seulement comme un représentant, mais aussi comme un véritable porte-voix de ceux qui souffrent dans l’ombre des grandes entreprises.
Le député de Kinshasa n’hésite pas à qualifier la situation des travailleurs temporaires d’“inacceptable, horrible et inadmissible”. Ces jeunes, souvent pris au piège d’un statut précaire, se battent quotidiennement pour des conditions de travail dignes. En mettant en lumière cette thématique, Eshiba cherche à éveiller les consciences sur les injustices qui frappent cette catégorie de travailleurs, souvent laissée pour compte.
Pour remédier à ce problème, Eshiba a déposé, le 7 septembre 2024, deux propositions de loi à l’Assemblée nationale. Ces initiatives visent à modifier le code du travail et à réformer le régime de la sécurité sociale, afin d’offrir des protections adéquates aux travailleurs journaliers. “Nous souhaitons apporter une réponse législative à la problématique de l’amélioration des conditions de vie sociale des Congolais, notamment ceux qui vivent de leur travail au jour le jour”, a-t-il déclaré avec passion.
L’élu de la Tshangu souligne qu’il est conscient des réalités de sa circonscription. Après avoir pris le temps d’échanger avec les travailleurs journaliers pendant ses vacances, il a compris l’urgence de leur situation. “Nous sommes ici pour représenter les voix de ceux qui nous ont élus, et ces voix demandent justice et dignité”, a-t-il ajouté, soulignant l’importance d’écouter les préoccupations de ses électeurs.
Eshiba dénonce également les pratiques abusives de certaines entreprises, où des travailleurs sont maintenus sous un statut précaire pendant des décennies, en violation des normes du travail. “Des employés de sociétés telles que BELTEXCO ou GANDHOUR travaillent depuis 20 à 30 ans en tant que journaliers, alors qu’ils devraient bénéficier d’un contrat à durée indéterminée après 22 jours de travail”, a-t-il précisé, appelant à une action plus rigoureuse de l’Inspection du travail.
Enfin, le député prévoit de s’entretenir avec la Première ministre pour plaider en faveur d’une révision du décret de 2018 sur le salaire minimum garanti. Son objectif est de garantir un revenu qui permette aux travailleurs journaliers de vivre dignement et de subvenir aux besoins de leurs familles. “Les 7000 à 8000 CDF qu’ils reçoivent par jour sont tout simplement insuffisants”, conclut-il, déterminé à mener sa bataille pour les droits des travailleurs jusqu’au bout.
Nicolas Kayembe
