Le jeudi 24 avril 2025, la scène politique congolaise a été marquée par un contraste saisissant entre deux figures issues du même creuset politique. Alors que Jean-Marc Kabund, ancien cadre de l’UDPS et aujourd’hui président de son propre parti, organisait un meeting à la 11e Rue industrielle de Limete, l’événement a tourné au fiasco, avec une faible mobilisation constatée sur place. De l’autre côté, Augustin Kabuya, secrétaire général et président ad intérim de l’UDPS/Tshisekedi, a improvisé, sans annonce préalable, une descente remarquée au siège national du parti présidentiel, situé face au lieu du rassemblement de Kabund.

Prévu de longue date, le meeting de Jean-Marc Kabund était présenté par ses partisans comme un moment fort pour démontrer son poids politique. Pourtant, le jour venu, seuls quelques militants étaient présents. Lors de son intervention, Kabund a multiplié les attaques contre « les États-Unis d’Amérique » et a particulièrement ciblé le président Félix Antoine Tshisekedi, qu’il a accusé, dans un discours au style dispersé, d’être à la source de son échec politique. La colère de l’ancien président intérimaire de l’UDPS semblait encore exacerbée par la démonstration de force improvisée de son ancien parti.
En effet, Augustin Kabuya, qualifié par ses proches de « gardien du temple » et de « fidèle lieutenant de Félix Tshisekedi », a mobilisé spontanément une marée humaine au siège de l’UDPS, sur la 11e Rue résidentielle. « C’est un signal clair que l’UDPS reste la première force politique du pays », a confié un cadre du parti, soulignant que « même sans préparation, Augustin Kabuya parvient à fédérer des foules importantes ». Cette initiative surprise, en face du lieu où se tenait le meeting de Kabund, a été perçue comme une démonstration d’autorité et de popularité.

L’événement des 24 et 25 avril a également permis d’observer la solidité de l’ancrage populaire de l’UDPS. Les vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent une nette différence de mobilisation entre les deux camps. « Qu’on l’aime ou pas, Augustin Kabuya reste l’homme de la situation », a commenté Jean René Zola, observateur politique, estimant que l’UDPS conserve son statut de locomotive politique nationale, tant en termes d’organisation que de popularité.
À travers cet épisode, l’UDPS/Tshisekedi, sous la direction d’Augustin Kabuya, a ainsi réaffirmé sa position dominante sur l’échiquier politique congolais, renforçant indirectement la légitimité de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo face aux défis internes et aux dissidences.
CB
