Dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant, le gouvernement congolais franchit un nouveau cap en lançant une vaste offensive contre la prolifération des armes légères. Mercredi 21 mai, une table ronde stratégique s’est ouverte à Kinshasa, à l’initiative du Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Ce rendez-vous marque le début d’un tournant décisif dans la lutte contre l’insécurité armée. « Il est urgent d’agir de manière concertée, avec méthode et transparence », a-t-il déclaré en ouverture.
Loin d’être une simple rencontre diplomatique, cette table ronde s’inscrit dans une dynamique résolument nouvelle. Elle accompagne le lancement officiel du Plan d’action national 2024-2028, une feuille de route ambitieuse visant à enrayer durablement la circulation incontrôlée des armes. « Cette table ronde n’est pas un simple cadre de dialogue, c’est une étape déterminante vers la mise en œuvre concrète d’un plan de désarmement durable », a insisté le VPM.
Au centre des priorités gouvernementales : la traçabilité des armes. Kinshasa souhaite désormais imposer un marquage systématique à chaque arme, depuis l’usine de fabrication jusqu’à l’utilisateur final. Une mesure jugée cruciale pour mieux lutter contre les trafics illicites. « Depuis l’usine de fabrication jusqu’à l’utilisateur final, nous devons savoir où va chaque arme », a expliqué un expert en désarmement présent lors des travaux.
Mais le gouvernement entend aussi impliquer activement la population, en misant sur la sensibilisation. Des campagnes d’information et des opérations de collecte volontaire d’armes seront bientôt déployées dans plusieurs provinces. « La paix passe aussi par l’adhésion citoyenne », a rappelé Jacquemain Shabani, qui mise sur une mobilisation populaire forte pour garantir le succès du plan.
Au-delà de la question des armes, c’est tout le secteur de la sécurité qui est concerné par cette réforme de fond. Le désarmement est présenté comme un levier stratégique du développement national. « La réforme de la sécurité est au cœur de notre vision. Sans sécurité, il n’y a ni démocratie stable, ni économie prospère », a souligné le VPM, reprenant une des priorités du président Félix Tshisekedi.
Soutenue par l’UNREC (Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique), cette initiative vise également à harmoniser les actions des partenaires techniques et financiers impliqués dans le domaine sécuritaire. L’objectif est clair : rompre avec les approches ponctuelles et construire une stratégie cohérente, partagée par l’ensemble des acteurs.
Les travaux de cette table ronde se poursuivent jusqu’au jeudi 22 mai. Ils devraient aboutir à un engagement commun, traduit par des mesures concrètes sur le terrain. Kinshasa espère ainsi poser les bases d’un avenir plus sûr pour les Congolais, en prouvant que la volonté politique peut se transformer en action.
CB
