Un an après sa nomination à la tête du ministère des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi affiche un premier bilan marqué par des avancées notables dans la gestion des deniers publics et la stabilisation économique. Dans un contexte régional souvent instable, le ministre a su imprimer sa marque avec une série de réformes saluées tant sur le plan national qu’international.
Arrivé en mai 2024 au sein du gouvernement Suminwa, Fwamba a hérité d’un ministère crucial pour la relance économique. Son mandat a été dominé par la volonté de restaurer la rigueur budgétaire, de mobiliser davantage de recettes et de renforcer la gouvernance financière. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les recettes publiques ont atteint 8,8 milliards USD, dépassant largement les prévisions.
L’amélioration de la mobilisation des recettes s’est appuyée sur une collaboration renforcée entre les régies financières et l’Inspection générale des finances (IGF). Ce partenariat stratégique a permis d’élargir l’assiette fiscale, de mieux contrôler les flux et de limiter les fuites de revenus publics.
Sur le plan macroéconomique, l’année écoulée a été marquée par un net recul de l’inflation, passée de 17,5 % à 9,4 % en un an. Une performance que les analystes attribuent à une meilleure discipline monétaire et à une gestion prudente des finances publiques. Le taux de change du franc congolais s’est également stabilisé autour de 2.880 CDF/USD, atténuant les incertitudes sur les marchés.
L’État congolais a également enregistré un excédent de trésorerie de 164 milliards CDF durant l’été 2024, un fait rare qui contraste fortement avec les déficits chroniques des années précédentes. Ce résultat témoigne d’un effort manifeste de rationalisation des dépenses et d’une anticipation budgétaire plus efficace.
Parmi les réformes structurelles engagées, la réduction drastique des paiements d’urgence — tombés de 22 % à seulement 7 % — illustre une amélioration significative dans la planification financière. Le ministre a aussi constitué une réserve financière de plus de 1.000 milliards de CDF, un matelas budgétaire qui renforce la résilience économique du pays.
Les provinces ont également bénéficié de cette nouvelle gestion. Le gouvernement a procédé au paiement de plus de six mois de rétrocessions, apaisant ainsi les tensions récurrentes entre Kinshasa et les entités territoriales. Ce geste a permis une meilleure redistribution des ressources à l’échelle locale.
Le secteur des assurances, souvent ignoré dans les bilans économiques, a été mis en lumière par le ministre. À l’occasion du 10e anniversaire du Code des assurances, Doudou Fwamba a salué une collecte record de 355 millions USD en primes, fruit de l’arrivée de nouvelles sociétés et du développement du courtage. Il appelle désormais à renforcer l’application de l’obligation d’assurance pour accroître encore ce potentiel.
Technocrate rigoureux, le ministre est diplômé des écoles nationales de finances de RDC et de France. Son parcours au sein de l’administration publique, entamé en 2010, lui confère une connaissance fine du système, qu’il met aujourd’hui au service d’un objectif clair : faire des finances publiques un levier de développement.
Les défis restent nombreux, mais les bases posées en un an sont solides. Avec le soutien d’institutions comme le FMI, Doudou Fwamba entend poursuivre les réformes en cours, renforcer la transparence et consolider une croissance économique durable pour la République démocratique du Congo.
CB
