Face à une insécurité croissante dans les communes de Mont-Ngafula et Selembao, le président de l’Association des Bétonnistes, Michel Tshimbayi, sort de sa réserve et interpelle les autorités. Dans une lettre adressée au ministre provincial de l’Intérieur et au commissaire général provincial de la police à Kinshasa, l’homme se fait le porte-voix des populations abandonnées à leur sort dans des quartiers gangrenés par le banditisme.
Cette prise de parole fait suite à un événement tragique : une fusillade survenue le jeudi 12 juin sur l’axe Bel’air-Kimwenza, consécutive à une intervention policière visant un gang de braqueurs. L’opération, rendue possible grâce à la collaboration d’une ancienne membre du réseau criminel, a permis l’arrestation de plusieurs suspects. Toutefois, certains malfaiteurs ont réussi à prendre la fuite. Des témoignages troublants évoquent même l’usage de gris-gris par certains criminels pour échapper aux balles, soulignant la complexité des méthodes employées dans ces milieux.
On rappelle que dans la nuit du 14 au 15 novembre 2024, une opération de bouclage à grande échelle avait déjà permis l’arrestation de plus de 100 individus, parmi lesquels deux militaires des FARDC et une femme accusée de complicité. Des effets militaires, du cannabis et des armes blanches ont été saisis, confirmant l’infiltration de réseaux criminels bien structurés dans ces zones.
Malgré ces actions, l’insécurité persiste. Les habitants de Kindele, Musangu, Saya, Millénium, Mitendi, Matadi-Mayo, Ngombila, Herady, Maman Yemo, Armée du salut et Tchad quartiers emblématiques de Mont-Ngafula et Selembao continuent de vivre dans la peur. Les phénomènes des “kuluna” (gangs de jeunes armés) et des braquages à main armée rythment encore le quotidien.
« Il ne s’agit plus seulement de faits divers, mais d’un frein réel au développement local », alerte Michel Tshimbayi, qui appelle à une riposte cohérente et durable. Il plaide pour un renforcement des moyens logistiques et humains des forces de sécurité, une amélioration des infrastructures policières, mais aussi pour un dialogue actif entre autorités et communautés locales.
En mettant en lumière ces réalités, Michel Tshimbayi incarne une nouvelle forme de leadership citoyen. Sa démarche interpelle : peut-on construire une ville durablement sans garantir la sécurité de ses habitants ?
CB
