Lors de la plénière du jeudi 12 juin à l’Assemblée nationale, consacrée à l’examen du rapport de la commission Défense et Sécurité sur le projet de loi relatif à la réforme de la Police nationale congolaise (PNC) pour la période 2026-2030, la question des infrastructures de formation a occupé une place de choix dans les débats. Parmi les interventions remarquées, celle du député national Carly Nzanzu Kasivita, ancien gouverneur du Nord-Kivu, s’est distinguée par son approche centrée sur les capacités d’accueil des écoles de la PNC.
Dans son allocution, l’élu de Beni-Territoire a rappelé l’ambition du gouvernement de former 90 000 policiers en cinq ans, dans le cadre de cette réforme structurelle de la PNC. Un objectif ambitieux, mais difficilement réalisable avec les infrastructures actuelles, a-t-il souligné. « Nous n’avons qu’une douzaine d’écoles de formation avec une capacité totale de 350 recrues, ce qui est insuffisant pour atteindre la cible fixée », a-t-il déclaré devant ses collègues députés.
Face à cette réalité, Carly Nzanzu a proposé une solution claire : la construction de six nouvelles écoles de formation, chacune ayant une capacité d’accueil de 3 500 policiers. Ces infrastructures viendraient non seulement renforcer le dispositif existant, mais aussi garantir un encadrement de qualité pour les futurs éléments de la police nationale.
Au-delà de l’aspect quantitatif, le député a insisté sur la dimension nationale de ces établissements. Pour lui, il est essentiel d’éviter toute régionalisation de la formation policière qui pourrait menacer l’unité et la neutralité du corps. « La police étant un service déconcentré mais national, il faut veiller à ce que les policiers soient formés dans des contextes différents de leurs origines afin de prévenir toute forme de tribalisation », a-t-il prévenu.
Cette réflexion vient enrichir le débat sur la réforme de la sécurité en République démocratique du Congo, alors que les défis sécuritaires restent persistants dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’Est. Pour Carly Nzanzu, investir dans la formation, c’est poser les bases d’une police professionnelle, disciplinée et capable de répondre efficacement aux attentes de la population.
Le rapport défendu par le député Rubens Mikindo Muhima, président de la commission Défense et Sécurité, a d’ailleurs mis en lumière l’urgence d’une refondation globale de la PNC. L’initiative bénéficie du soutien de plusieurs partenaires techniques et financiers, soucieux d’accompagner la RDC dans sa quête d’une paix durable et d’un État de droit renforcé.
CB
