L’ancien président du conseil d’administration de la Gécamines, Albert Yuma, est sorti de son silence pour répliquer avec fermeté aux accusations portées contre lui par le député national Willy Mishiki. Ce dernier, intervenant sur une radio kinoise, a laissé entendre que des transferts de fonds opérés par la Gécamines sous la direction de Yuma auraient atterri au Rwanda, durant la période où lui-même était membre du gouvernement entre 2016 et 2017.
Dans un communiqué cinglant, Albert Yuma s’est dit « surpris et choqué » par ce qu’il qualifie d’« affabulations grotesques ». Il s’interroge sur le fait que Mishiki limite ses allégations à la période du gouvernement Badibanga, alors que certaines rumeurs sur ces prétendus transferts remonteraient à la transition de 2003, bien avant qu’il n’entre en fonction à la Gécamines.
L’ancien patron du fleuron minier congolais rappelle que ni la Direction Générale de la Gécamines, ni lui-même en tant que président du conseil d’administration, n’ont jamais été sollicités pour des « opérations financières nocturnes » à la Présidence, ni instruits de procéder à des virements internationaux pour le compte de l’État. Selon lui, les flux financiers entre la Gécamines et l’État ont toujours suivi des circuits réglementés.
Yuma insiste sur le fait que toute transaction avec l’État congolais se faisait exclusivement via des avances fiscales, dûment approuvées par le ministère des Finances, et exécutées à travers des virements bancaires transparents vers les comptes de la Banque centrale du Congo, via des institutions bancaires commerciales.
Il invite à consulter les états financiers de l’époque pour démontrer que la Gécamines, alors en difficulté, ne disposait pas de la trésorerie suffisante pour engager les montants évoqués par Mishiki, qu’il juge « exorbitants et totalement irréalistes ».
Autre précision de taille : Albert Yuma dément catégoriquement avoir jamais occupé la présidence du conseil d’administration de la Banque centrale du Congo, comme le soutient à tort le député. Une accusation qu’il qualifie de « mensonge grossier ».
Face à ces « allégations infondées », Albert Yuma annonce qu’il envisage des poursuites judiciaires. Ses avocats seraient d’ores et déjà mobilisés pour défendre son honneur et faire la lumière sur ce qu’il considère comme une campagne de diffamation.
CB
