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« Les 14 villages disent non à la présence des Chinois et des Libanais » : les communautés du Lualaba dénoncent une exploitation minière illégale à Comide-Swanamine

Dans la province du Lualaba, la tension monte autour de la concession minière de Comide-Swanamine. Une pétition signée par plusieurs organisations de la société civile et des droits humains, ainsi que par quatorze villages riverains, a été adressée aux autorités nationales et provinciales le mercredi 18 juin. Les signataires dénoncent la présence d’expatriés chinois et libanais accusés d’exploiter illégalement les minerais de la zone, en dehors de tout cadre juridique.

Les communautés locales exigent le retrait immédiat de ces opérateurs étrangers, qu’elles accusent d’opérer « sans fondement juridique depuis près de quatre ans ». La pétition cible également les éléments des FARDC déployés sur le site, estimant qu’ils participent à une militarisation injustifiée du périmètre. « Les 14 villages impactés disent non à la présence des Chinois et des Libanais ainsi qu’aux militaires FARDC qui les sécurisent et aux services étatiques non éligibles. Exigent leur sortie immédiate dans le périmètre de la concession Comide-Swanamine », écrivent les pétitionnaires.

Les organisations dénoncent par ailleurs le non-respect des engagements en matière de développement local. À leurs yeux, seul Comide-Swanamine dispose d’un cahier des charges validé avec les autorités congolaises et les communautés locales. Les exploitants actuellement en activité sont accusés de comportements « opaques et dominateurs », alimentant un climat de méfiance et de division dans les villages environnants.

Une autre préoccupation soulevée concerne la présence militaire sur le site. Les pétitionnaires estiment que celle-ci constitue une méthode d’intimidation contraire aux principes démocratiques. « Cela crée une controverse autour de la vision du chef de l’État, qui prône les intérêts du peuple avant tout », déplorent-ils.

Plus inquiétant encore, certains opérateurs se présenteraient comme proches de la présidence, ce qui contribue à renforcer le flou autour de leur légitimité. Une situation qui, selon les signataires, jette le discrédit sur les institutions et alimente un profond sentiment d’abandon dans les communautés locales. « Ces envahisseurs polluent l’environnement et s’adonnent régulièrement aux actes de tortures, de violations des droits humains et au pillage « systématique » des ressources minières », alertent-ils.

Face à cette situation qu’ils qualifient de « prise en otage » des richesses du Lualaba, les signataires interpellent directement le président Félix Tshisekedi. Ils sollicitent son implication personnelle pour restaurer l’ordre légal, rétablir la confiance entre les communautés et l’État, et mettre fin à cette exploitation jugée illégitime.

Christian Kasongo

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