Face à une crise menaçant la survie de la Société Anhui Congo d’Investissement Minier (SACIM), le gouvernement congolais vient de prendre des mesures urgentes pour relancer les activités de cette entreprise stratégique implantée à Miabi, dans le Kasaï Oriental. Cette décision, annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 21 juin, vise à éviter une fermeture imminente de la société.
Depuis plusieurs mois, la SACIM, productrice d’environ 250 000 carats de diamants par mois, faisait face à une impasse financière alimentée par des restrictions imposées à sa commercialisation. Un arrêté ministériel datant de février 2022 obligeait l’entreprise à vendre exclusivement à un cercle restreint d’acheteurs agréés par le CEEC (Centre d’expertise, d’évaluation et de certification), réduisant considérablement ses revenus.
Cette limitation a eu des conséquences directes sur la santé financière de l’entreprise, avec 13 mois de salaires impayés à la clé. Une situation qui a provoqué un vif mécontentement au sein du personnel et entraîné des mouvements sociaux, affectant la stabilité dans la région de Miabi.
Pour remédier à cette impasse, le ministre des Mines a obtenu la signature, le 2 juin dernier, d’un nouvel arrêté rétablissant la liberté de vente des diamants, conformément aux principes du Code minier. Ce changement réglementaire vise à offrir à la SACIM une bouffée d’oxygène financière et à rétablir la confiance au sein de ses effectifs.
La gravité de la crise n’a pas laissé les institutions indifférentes. En avril dernier, le sénateur Alphonse Ngoyi Kasanji avait tiré la sonnette d’alarme au Sénat, appelant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner de près la gestion de cette entreprise jugée vitale pour l’économie du centre du pays.
Avec ce déblocage, le gouvernement espère non seulement stabiliser la SACIM, mais aussi relancer la dynamique économique dans le Kasaï Oriental, une région riche en ressources mais trop souvent pénalisée par une gouvernance instable et des politiques restrictives.
Christian Kasongo
