La Société nationale d’électricité (SNEL SA) traverse une phase charnière. Entre les défis techniques croissants et les ambitions de transformation interne, l’entreprise publique multiplie les signaux de changement. La dernière semaine, du 16 au 22 juin, a été marquée par une série d’interventions décisives sur le terrain et une offensive managériale portée par sa direction générale.
À l’échelle nationale, la priorité a été donnée à la stabilité financière. Lors de la réunion annuelle avec la délégation syndicale, la Direction Générale a révélé une nouvelle stratégie axée sur les centres de vente et de services (CVS), désormais considérés comme l’épine dorsale du redressement commercial. Une réforme visant à professionnaliser la relation client, optimiser les recettes et renforcer la transparence dans la gestion énergétique.
Dans l’Est du pays, la SNEL veut restaurer son image dans la province de la Tshopo. Une équipe technique a été envoyée à Kisangani pour superviser la relance de la centrale hydroélectrique locale et améliorer le réseau de distribution. Une réponse concrète aux nombreuses plaintes sur les délestages, dans une ville où la demande ne cesse de croître.
Mais c’est à Kinshasa, poumon économique du pays, que les tensions sont les plus vives. La direction régionale de Kin-Ouest (Bandalungwa) a dénoncé une pression insoutenable sur le réseau, causée par des raccordements clandestins et des unités semi-industrielles énergivores opérant hors normes. Résultat : installations endommagées, pertes financières et instabilité du courant dans plusieurs quartiers.
Face à ces urgences, des mesures correctives ont été prises. À Bumbu, une nouvelle cabine électrique baptisée « Marques 22 » a été installée pour pallier les effets de l’incendie de mars dernier sur l’avenue Masengi. Cette initiative symbolise la volonté de la SNEL de réparer rapidement les dégâts et de sécuriser l’alimentation dans les zones sinistrées.
La dimension technique, souvent négligée, est désormais au centre de l’action. Durant la même période, plusieurs opérations de précision ont été effectuées : remplacement du disjoncteur F920 à la sous-station CDA, reconditionnement du disjoncteur F1112 à la sous-station Parlement. Autant d’actions inscrites dans un programme de maintenance préventive plus large.
Au final, la SNEL veut se montrer offensive. La direction générale assume une posture de rupture, combinant assainissement interne, interventions ciblées et responsabilisation des structures de base. Dans un secteur aussi stratégique que l’électricité, ces signaux pourraient marquer le début d’un véritable redressement, à condition de maintenir le rythme.
CB
