Tout a commencé par un message qui sent le roussi à mille lieues belges du président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga, posté sur son compte Facebook :
« Qui souhaiteriez-vous en toute sincérité comme prochain Président de l’Assemblée Provinciale de la Tshopo ? Cette personne qui viendra faire mieux que le peu que nous avons fait.
Élu par le peuple,
Je souhaite de plus en plus me concentrer uniquement sur mon mandat de Député Provincial sur le banc ;
Je pense en toute humilité avoir fièrement écrit une des petites pages de l’histoire de la Tshopo au travers de l’Assemblée Provinciale et que je dois laisser la place à une autre personne ; cela me permettra donc de me focaliser sur des horizons futurs.
J’y réfléchis et annoncerai bientôt une grande décision. »
À bien analyser, ce post cacherait bien des choses, notamment le soupçon de détournement qui pèserait sur lui et dont quelques députés provinciaux seraient déjà au parfum et mijoteraient une motion de défiance à l’encontre de leur speaker. Ici, les élus du peuple ont découvert le pot aux roses sur la gestion abracadabrante de celui que la jeunesse Tshopolaise accordait un soutien aveugle. Tenez. Il nous revient des sources sur place à Kisangani que Mateus Kanga n’est pas aussi saint que l’on croyait. L’homme se nourrirait de combines louches. Avec la bénédiction du désormais ex-ministre d’État à la Justice, le trop controversé Constant Mutamba, l’Assemblée provinciale de la Tshopo a bénéficié d’une indemnisation de plus de 400 000 USD de Frivao alors qu’elle n’est pas ayant droit puisque lors des affrontements entre les deux armées étrangères (Rwanda et Ouganda), en juin 2000, la province orientale de l’époque n’avait pas une Assemblée provinciale. C’est juste par copinage que Constant Mutamba a puisé dans les caisses de Frivao pour donner ces fonds au président de l’Assemblée provinciale, opération retour oblige !
Et, pour maquiller sa gestion et tromper la vigilance des députés provinciaux en particulier et des Boyomais en général, Mateus Kanga a procédé à la réhabilitation de l’hémicycle. Le comble de tout, c’est son entreprise écran qui a gagné ce marché de gré à gré, même mode opératoire qu’avec l’affaire qui cloue Constant Mutamba, à la seule différence que pour Mateus Kanga l’ouvrage est visible. L’on apprend aussi qu’avec cette cagnotte, Mateus Kanga s’est arrangé à ouvrir un grand entrepôt de ciment à Simi-Simi, une aubaine pour lui sachant que ce produit coûte cher et est devenu pratiquement une denrée rare à Kisangani. Une bonne affaire donc.
À la dernière minute, nous apprenons de sources indépendantes que Mateus Kanga lorgnerait aussi le gouvernorat de la Tshopo. Ce qui est normal comme ambition. Mais seulement voilà : l’homme n’est pas apte à gérer une province à problèmes comme celle de la Tshopo. Avec son appétit glouton, l’on craint qu’il vienne avec l’idée de se remplir les poches et partir sans laisser des œuvres palpables comme son ex-patronne Nikomba Sabangu.
Jeff Saile
