Plusieurs mois après la prise de contrôle de la ville de Goma par les forces du M23-AFC, de nouveaux témoignages confirment l’occupation illégale de propriétés appartenant à des figures politiques et administratives liées au gouvernement central. Ce phénomène inquiétant soulève des questions sur les intentions de la rébellion et l’ampleur des violations des droits fondamentaux dans les zones qu’elle contrôle.
Le député national Ayobangira Safari, élu de Masisi, a récemment révélé que sa maison à Goma avait été envahie sans autorisation par des éléments du M23-AFC. « Ma résidence a été occupée de force », a-t-il dénoncé, qualifiant l’acte d’« infraction criminelle » et évoquant un climat d’impunité dans les zones d’occupation.
Cette situation, loin d’être isolée, semble s’inscrire dans une stratégie plus large. Des organisations de défense des droits humains rapportent que depuis l’entrée du M23 dans Goma, ses membres — civils et militaires — s’approprient de façon systématique des habitations, souvent celles laissées vacantes par des fonctionnaires et des responsables ayant fui la ville.
Les ONG pointent également du doigt la saisie illégale de véhicules et de biens appartenant à des particuliers ou à l’administration publique. Bien que le M23-AFC ait toujours nié ces accusations, les alertes se multiplient, appuyées cette fois par le témoignage direct d’un député victime de ces pratiques.
« Il ne s’agit pas simplement d’une spoliation de biens privés », explique un militant des droits humains basé à Goma. « Ce sont les fondements même de l’État de droit qui sont piétinés. Les populations vivant sous l’autorité du M23 sont exposées à des abus constants, sans aucun recours possible. »
Guelord Lubonzu
