L’accord de paix fraîchement signé à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda continue de susciter des réactions dans la classe politique congolaise. Ce dimanche, Jean Marc Kabund, président du parti d’opposition Alliance pour le Changement (ACH), a salué une avancée diplomatique, tout en appelant à ne pas négliger l’urgence d’un dialogue national entre Congolais.
Dans une déclaration diffusée sur son compte X (anciennement Twitter), l’opposant congolais a tenu à rappeler que son parti avait anticipé cette dynamique bien avant sa concrétisation. « Nous avons proposé, dans notre plan de sortie de crise, un dialogue sincère entre Kinshasa et Kigali, devant aboutir au retrait des troupes rwandaises du sol congolais. Ce dialogue devrait ensuite ouvrir la voie à des pourparlers entre Congolais, en vue de parachever le processus de paix dans notre pays, notamment par une résolution définitive de la problématique AFC/M23 et des autres groupes armés, y compris les Wazalendo. »
S’il reconnaît que l’accord représente une étape encourageante vers une désescalade régionale, Kabund n’en demeure pas moins critique sur certains aspects du texte signé. « À ce jour, un accord a été signé entre la RDC et le Rwanda. Bien qu’il comporte des incohérences, des insuffisances, des zones d’ombre et des pièges pour la RDC, nous estimons qu’il constitue malgré tout un pas dans la bonne direction pour résoudre la crise sécuritaire en RDC, à condition que les deux parties fassent preuve de bonne foi et respectent scrupuleusement leurs engagements (pacta sunt servanda). »
Kabund invite également le garant international de l’accord à jouer pleinement son rôle pour garantir une application loyale et équilibrée des termes convenus. Selon lui, le succès du processus dépendra largement de la volonté politique réelle des deux États signataires. « Le respect des engagements ne peut souffrir ni duplicité ni calcul politicien », a-t-il averti.
Au-delà des enjeux militaires et diplomatiques, le président de l’ACH insiste sur l’indispensable dialogue entre Congolais eux-mêmes. « Sans tergiverser, le moment d’un dialogue intercongolais que nous appelons de tous nos vœux est arrivé. Car au-delà de la crise sécuritaire, notre pays fait face à des crises multiples (politique, sociale, électorale et même morale) qui nécessitent une réponse nationale concertée. »
Jean Marc Kabund conclut sa sortie médiatique par une mise en garde contre les illusions d’une paix durable bâtie uniquement sur des accords bilatéraux. « L’accord entre Kinshasa et Kigali ne pourra réellement contribuer à la résolution durable de la crise que si, et seulement si, la classe politique congolaise accepte de se parler, de bâtir une véritable cohésion nationale et de baliser la voie à des élections crédibles, organisées dans le délai constitutionnel. »
CB
