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RDC-Rwanda : Amnesty International dénonce un accord de paix sans justice

Malgré la signature d’un accord de paix salué sur le plan diplomatique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, les critiques ne cessent de se faire entendre. Amnesty International, organisation de défense des droits humains, tire la sonnette d’alarme : le texte signé à Washington le 1er juillet 2025 passe sous silence la question cruciale de la justice pour les crimes commis dans l’Est de la RDC.

Dans un communiqué virulent, Amnesty déplore l’absence totale de dispositions visant à sanctionner les responsables des atrocités. « Sans s’attaquer à l’impunité pour les crimes atroces commis dans l’Est de la RDC, l’accord a manqué une occasion de s’attaquer de manière décisive à un facteur de longue date du conflit », affirme Agnès Callamard, secrétaire générale de l’organisation. Pour elle, ce silence judiciaire constitue une trahison des attentes des victimes.

Depuis plus de deux décennies, la région de l’Est du Congo est le théâtre de conflits armés récurrents, marqués par des massacres de civils, des violences sexuelles et des déplacements massifs de population. Amnesty International rappelle que les précédents accords ont échoué faute de réponses concrètes aux besoins de justice et de sécurité. « Les espoirs de justice et de sécurité des populations de l’Est du Congo ont été nourris, puis anéantis par la signature et l’échec de nombreux accords de paix au cours des 25 dernières années », souligne l’organisation.

Plus préoccupant encore, les violences se poursuivent sur le terrain. D’après Amnesty, les affrontements entre le M23 — soutenu par Kigali — et les groupes d’autodéfense Wazalendo continuent de semer la terreur dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Des civils sont tués, enlevés, ou déplacés. « Le M23 continue d’enlever des jeunes hommes et de les emmener vers des lieux inconnus », alerte Amnesty, qui accuse les signataires de l’accord de fermer les yeux sur cette réalité.

L’organisation appelle enfin les autorités congolaises et rwandaises à assumer leurs responsabilités. « La RDC et le Rwanda doivent aux populations de l’Est du Congo qui continuent de subir des souffrances indicibles aux mains du Wazalendo et du M23 d’inciter les groupes armés qu’ils soutiennent et avec lesquels ils collaborent à protéger les civils et à respecter le droit international humanitaire », insiste Agnès Callamard. Pour Amnesty, sans justice, la paix ne sera qu’une illusion.

CB

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