Face à la persistance des groupes armés dans l’est du pays, le gouvernement congolais adopte une approche plus ferme et structurée. Lors d’un point presse organisé ce jeudi 3 juillet à la RTNC, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a annoncé une ligne dure contre toute forme d’intégration automatique dans les forces armées. « Il faut surtout revenir sur le fait que le désarmement est obligatoire pour tous les groupes armés congolais », a-t-elle déclaré.
Cette posture s’inscrit dans le cadre de l’accord signé le 27 juin à Washington, qui impose que tous les groupes armés opérant sur le territoire national soient « désarmés, démobilisés et cantonnés sans délai ». Un dispositif institutionnel — le PDDR-CS — est chargé de conduire cette transition. Pour Kinshasa, il constitue le seul cadre légitime pour accompagner les ex-combattants vers une réinsertion durable.
La ministre a tenu à clarifier que cette stratégie concerne l’ensemble des milices, y compris celles opérant dans les zones contrôlées ou anciennement tenues par le M23, ainsi que les groupes d’autodéfense communautaire. « Quand on parle du désarmement, on parle aussi d’un désarmement suivi d’une sélection stricte », a-t-elle insisté, précisant qu’aucune incorporation ne sera automatique.
La rupture avec les anciennes pratiques d’intégration massive est désormais actée. Thérèse Kayikwamba a précisé que toute éventuelle intégration dans les forces armées ou de sécurité sera soumise à un filtrage rigoureux. « Les ex-combattants […] doivent répondre à des critères stricts », a-t-elle martelé, évoquant notamment la nationalité congolaise et l’absence d’implication dans des crimes graves.
Un « catalogue de critères » est en cours d’élaboration pour encadrer ce processus. Il devra garantir que chaque intégration renforce, plutôt qu’affaiblisse, les institutions républicaines. « Il faut un catalogue, si vous voulez, de critères qui nous assurent que toute intégration répond à des leçons que nous avons apprises et tirées du passé », a expliqué la ministre, soulignant l’exigence d’aptitudes morales et physiques.
La cheffe de la diplomatie congolaise a également mis en garde contre toute tentative de détourner le processus à des fins politiques : « Nous ne sommes pas dans une logique d’intégration généralisée des groupes armés. » Elle a fermement exclu tout retour aux amnisties déguisées ou aux promotions opportunistes, qualifiant cette nouvelle méthode de « rigoureuse, respectueuse de l’ordre républicain ».
Pour Thérèse Kayikwamba, ce changement de cap est une affaire de souveraineté. « Il s’agit d’un processus porté par les Congolais, pour les Congolais », a-t-elle affirmé, appelant la communauté internationale à soutenir l’État congolais sans imposer de solutions extérieures. Et de conclure : « Le gouvernement promet de rester ferme sur la mise en œuvre des engagements », avec pour priorité « les Congolais et leur droit à la sécurité ».
CB
