Dans le territoire d’Aru, au nord de la province de l’Ituri, la situation humanitaire se dégrade. Depuis mars 2025, plus de 30 000 personnes fuyant le conflit au Soudan du Sud ont trouvé refuge dans la chefferie de Kakwa, à environ 260 kilomètres de Bunia. Hébergés dans des familles d’accueil ou des abris de fortune, ces déplacés vivent dans une grande précarité.
Alertée par l’ampleur des besoins, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a intensifié son action sur le terrain. « Ces déplacés qui vivent dans des abris de fortune, manquent de tout », a déclaré jeudi 3 juillet Manantsoa Lai, chef de mission de MSF en Ituri. La promiscuité, le manque d’hygiène et l’absence d’infrastructures sanitaires exacerbent les risques sanitaires dans cette zone frontalière.
Pour répondre à l’urgence, MSF a déployé deux équipes de cliniques mobiles dans la région afin de fournir une assistance médicale de première ligne. Près de 1 600 consultations ont déjà été réalisées. « La plupart souffre du paludisme et de malnutrition », précise Manantsoa Lai, soulignant la gravité des pathologies rencontrées.
L’organisation tire également la sonnette d’alarme sur le niveau inquiétant de malnutrition observé chez les enfants et les adultes. « Les besoins sont énormes face à une malnutrition fortement élevée », ajoute la responsable de MSF, insistant sur l’urgence d’une réponse humanitaire plus large et coordonnée.
Alors que la crise s’éternise, la population d’accueil d’Aru, déjà vulnérable, partage ses maigres ressources avec les déplacés. Une pression croissante qui nécessite non seulement une mobilisation accrue des acteurs humanitaires, mais aussi un engagement fort des autorités pour prévenir une détérioration plus grave de la situation.
CB
