Face à la persistance des violences sexuelles dans les zones de conflit à l’Est de la RDC, les autorités congolaises et les Nations unies intensifient leur collaboration pour faire émerger une réponse plus robuste, centrée sur la justice et la réparation des victimes. Une démarche concrétisée cette semaine par une série d’échanges de haut niveau à Kinshasa.
Le mercredi 2 juillet, le Vice-Premier ministre chargé de la Défense a reçu Mme Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les violences sexuelles en période de conflit. Accompagnée de Mme Chantal Yelu Mulop, conseillère du Chef de l’État en charge des violences basées sur le genre, l’émissaire onusienne a salué la volonté politique affichée par Kinshasa de rompre avec l’impunité.
Au cœur des discussions : les mécanismes de prise en charge des survivantes et l’instauration de sanctions exemplaires contre les auteurs. Mme Yelu Mulop a insisté sur la nécessité d’un « cadre institutionnel renforcé » pour garantir à la fois l’accompagnement des victimes et la traçabilité judiciaire des crimes, souvent commis en toute impunité par des groupes armés ou certains éléments incontrôlés.
Cette rencontre s’est tenue en marge du Forum national sur le Droit de Réparation, organisé du 1er au 4 juillet à Kinshasa par le Fonds national des réparations (FONAREV). Ce forum constitue un jalon clé dans l’élaboration d’un dispositif opérationnel conforme aux engagements internationaux, pour permettre aux victimes de recouvrer leurs droits à travers une justice réparatrice.
La venue de Mme Patten revêt une forte portée symbolique, dans un pays où les survivantes de violences sexuelles demeurent souvent exclues des circuits judiciaires classiques. En appuyant les efforts nationaux, l’ONU entend contribuer à l’émergence d’une approche intégrée, mêlant prévention, justice, réparation et réintégration sociale.
Les conclusions attendues du forum devraient se traduire par une feuille de route concrète, incluant des mesures de soutien psychologique, juridique et économique pour les survivantes, dans le respect de leur dignité. Un signal fort qui témoigne d’une volonté commune de tourner une page douloureuse de l’histoire récente de la RDC.
CB
