La situation explosive des prisons militaires en RDC suscite une vive inquiétude au sein des hautes sphères de l’armée. Jeudi 3 juillet 2025, le vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabongo Muadiamvita, a été interpellé par le lieutenant-général Likulia Bakumi sur l’état alarmant des établissements pénitentiaires militaires lors de sa visite à Kinshasa. Un signal fort lancé dans le cadre de la mission d’itinérance que le ministre mène à travers le pays.
La surpopulation carcérale dans ces structures compromet gravement la justice militaire, selon le haut magistrat. « Il faut réhabiliter certains centres pénitentiaires à travers le pays, mais aussi augmenter leur capacité d’accueil », a plaidé l’auditeur général devant le ministre. Un appel qui met en lumière les violations des droits fondamentaux des détenus et le manque criant d’infrastructures adaptées.
Le ministre Kabongo, visiblement frappé par ce constat, a reconnu la gravité de la situation. « C’est une réalité que j’ai amèrement observée tout au long de mes visites sur le terrain », a-t-il confié. Il pointe du doigt la vétusté des installations militaires, symptomatique d’un système à bout de souffle. Ce diagnostic sans détour s’inscrit dans une logique de réforme que le ministre porte depuis sa prise de fonctions.
En effet, la mission d’itinérance initiée par Guy Kabongo ne se limite pas à des visites protocolaires. Elle se veut une opération de terrain pour identifier les failles et impulser un changement structurel au sein des Forces armées. Pour le ministre, les conditions de détention reflètent l’état global des FARDC et appellent une modernisation urgente.
Déterminé à faire évoluer l’institution, Guy Kabongo entend s’inscrire dans la vision du président Félix Tshisekedi pour « rebâtir et réformer les forces armées congolaises ». Sa tournée se présente comme un levier de transformation, avec l’ambition de redonner dignité et efficacité à une armée confrontée à de multiples défis, notamment sur le plan de la justice et des droits humains.
CB
