Depuis le dimanche 6 juillet, les habitants des villes de Butembo et Beni, dans la province du Nord-Kivu, font face à une envolée brutale du prix du carburant. Le litre, qui se négociait encore à 3200 francs congolais (FC) le week-end dernier, atteint désormais entre 6000 et 7000 FC dans plusieurs quartiers et zones reculées, provoquant une vive inquiétude chez les usagers et les transporteurs.
Dans la ville de Butembo, les conducteurs de moto-taxi peinent à contenir leur colère face à cette flambée soudaine, dont les causes restent floues. « Depuis hier, nous achetons un litre à 6000 FC. Donc, pour 2 litres seulement, il faut débloquer 12 mille. Au moins, par le passé, il y a un problème de pont qui relie l’Afrique de l’Est à la partie orientale de notre pays. Mais, aujourd’hui, cette hausse ne s’explique pas. Souvent, les commerçants profitent de telles situations pour s’enrichir », dénonce Josué Syayaholo, conducteur de moto-taxi à Butembo.
Ce renchérissement du carburant a un impact direct sur les tarifs du transport en commun, particulièrement les motos qui restent l’unique moyen de déplacement pour de nombreux habitants. Les prix des courses ont doublé, voire triplé dans certains cas, mettant les clients dans une situation difficile. « Je suis là depuis le matin. À chaque fois qu’un client est en train de demander du service à notre parking et que nous lui communiquons le prix, il est en train de se plaindre. Nous-mêmes, nous ne savons pas comment fixer le nouveau prix à cause de la hausse du carburant. Cela rend délicat notre travail », explique Josué.
En territoire de Beni, la situation est encore plus alarmante dans certaines zones où le litre atteint les 7000 FC. La pénurie de carburant y est aggravée par l’état déplorable des routes, rendant difficile l’acheminement des produits pétroliers. De nombreux usagers dénoncent également une spéculation entretenue par certains opérateurs économiques locaux.
Ce choc intervient dans un contexte déjà tendu, où la crise sécuritaire continue de fragiliser la région. Depuis plusieurs années, Beni et ses environs font face aux exactions des rebelles ADF et aux menaces persistantes du groupe armé M23, rendant toute perspective de stabilité économique encore plus lointaine pour les populations locales.
CB
