« Ils te feront la guerre, mais ils ne te vaincront pas », affirme le livre de Jérémie 1:19. Ce verset biblique semble parfaitement illustrer le parcours du Secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya Tshilumba. Depuis sa nomination le 18 mai 2019, il n’a cessé d’affronter vents et marées au sein même de son parti. Contesté, attaqué, souvent isolé, il demeure pourtant l’un des piliers du régime actuel.
Des stratégies multiples ont été mises en œuvre pour tenter de l’évincer, allant jusqu’à des alliances contre nature, selon des sources internes. En dépit des nombreuses tentatives de déstabilisation, ses adversaires politiques n’ont jamais réussi à le faire tomber. Ce qui pousse certains observateurs à s’interroger : pourquoi tant d’acharnement contre un homme qui, jusqu’à preuve du contraire, incarne la fidélité à la vision du président Félix Tshisekedi ?
Un témoignage explosif est venu récemment jeter une lumière crue sur ce qui s’apparente à une véritable cabale interne. Yannick Kadima, militant activement impliqué dans des campagnes numériques contre Kabuya en 2020, a fait de graves révélations : « En 2020, ils avaient utilisé moi et deux de mes amis pour salir Kabuya moyennant 20 dollars chacun dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. »
Mais les choses ne se sont pas arrêtées là. Cinq ans après cette première opération de sape, Yannick Kadima affirme avoir été à nouveau approché. Cette fois-ci, les commanditaires seraient, selon lui, Jacquemin Shabani, actuel Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et ancien secrétaire général de l’UDPS, et Paul Tshilumbu, député national du même parti. Leur objectif : relancer une nouvelle campagne de dénigrement visant Augustin Kabuya.
Refusant de jouer le même rôle qu’en 2020, Yannick Kadima explique qu’il a préféré cette fois-ci se rapprocher directement de Kabuya pour lui révéler les dessous de ce complot. « Voilà pourquoi j’ai mené des démarches pour rencontrer le SG Kabuya et dénoncer ses pourfendeurs », affirme-t-il. Son revirement surprend, mais apporte également un éclairage inédit sur les tensions internes récurrentes au sein de la formation présidentielle.
Derrière ces manœuvres, certains analystes y voient une guerre de positionnement à l’approche des grandes échéances politiques. Les ambitions personnelles et les rivalités internes semblent avoir pris le pas sur l’unité et les idéaux du parti. D’ailleurs, un adage africain rappelle : « Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par apparaître. »
Alors que les critiques et les coups bas se multiplient, Augustin Kabuya peut aujourd’hui se prévaloir d’une certaine résilience politique. Et pour ses partisans, cette nouvelle tentative avortée ne fait que confirmer une chose : leur leader est bel et bien victime d’un acharnement méthodique, ourdi par ceux-là mêmes qui devraient défendre les intérêts du parti.
CB
