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Fonds forestier national : pointé du doigt par la Cour des comptes, Honoré Mulumba tente tout pour regagner son poste de DG

Alors que sa gestion est entachée de nombreuses irrégularités, l’ancien Directeur général du Fonds forestier national (FFN), Honoré Mulumba Kalala, tente de revenir aux commandes grâce à une prétendue décision judiciaire favorable. Pendant ce temps, son successeur intérimaire, Assani Ongala Hassan, redouble d’efforts pour restaurer la crédibilité de l’institution à travers un travail jugé colossal par plusieurs observateurs.

Selon des sources proches de l’institution judiciaire compétente en matière de contentieux administratif, un arrêt aurait été rendu en faveur de la réhabilitation du Directeur général suspendu, Honoré Mulumba Kalala, en dépit des multiples actes de mégestion relevés à son encontre dans le rapport préliminaire de la Cour des comptes.

Ce rapport, fruit d’une mission d’audit conduite par la Cour des comptes sur base des ordres de mission n° CAB.PPCC/CC/MBA/097/2024 du 23 septembre 2024, CAB.PPCC/CC/BIJ/136/2025 et CAB.PPCC/MBA/142/2025, a porté sur les exercices 2021 à 2024. Il met en lumière plusieurs pratiques opaques dans la gouvernance, les finances et les opérations du FFN sous la gestion de Mulumba Kalala.

Une gestion marquée par des irrégularités financières

Parmi les faits reprochés, figure l’ouverture illégale d’une antenne provinciale du FFN à Mbuji-Mayi, sans aval du Conseil d’administration ni du ministère de tutelle, contrairement aux exigences de l’article 6 du décret 09/24 du 21 mai 2009. Le bail, signé le 14 février 2023 entre le DG et Mme Angel Ntumba Madimba, a entraîné le paiement injustifié de 3 300 USD de garantie locative et de 13 200 USD de loyer pour une structure fictive.

L’ex-DG est également accusé d’avoir exécuté des budgets sans l’approbation formelle du Conseil d’administration, en violation de l’article 17 du décret précité. Plus grave encore, sur les 4 963 431 USD alloués à une centaine de projets de reboisement, seuls trois projets ont fait l’objet de suivi et d’évaluation, soulevant de sérieux doutes sur la destination réelle des fonds.

Des pertes colossales pour l’État congolais

L’audit révèle aussi un rabattement illégal des superficies déboisées et des recettes dues par certaines entreprises comme Scipec, Sek Kipoï et Cokibafode, entraînant une perte nette de 7 722 883 USD pour le FFN. À cela s’ajoute le financement de 83 ONGD inéligibles à hauteur de 2 752 161 USD, sans aucune autorisation du ministère en charge des forêts.

Par ailleurs, 196 projets ont été financés en violation des critères du manuel de procédures du FFN. Et sur 196 dossiers, 71 ont été financés sans analyse technique préalable, ce qui représente un détournement potentiel de 1 443 190 USD. De plus, plusieurs marchés publics, notamment pour l’achat de véhicules, ont été attribués de gré à gré, en violation flagrante de la loi n°10/010 du 27 avril 2010.

Tentative de réhabilitation suspecte et soupçons de corruption

En dépit de cette avalanche de griefs, certaines sources dénoncent une tentative de réhabilitation du DG suspendu, rendue possible grâce à la circulation d’une somme estimée à 300 000 USD dans les couloirs du Conseil d’État. Cette manœuvre, si elle se confirme, représenterait un affront direct à la bonne gouvernance et aux efforts de lutte contre la corruption prônés par les plus hautes autorités du pays.

“Dans le cas précis, c’est une atteinte à la bonne gouvernance et à l’État de droit car la malversation financière et la corruption sont des violations flagrantes des principes fondamentaux de la bonne gouvernance. Elles sapent la confiance du public dans les institutions étatiques et remettent en question la capacité de l’État à gérer les ressources publiques de manière intègre et responsable. La corruption au sein d’une institution aussi cruciale que le Conseil d’État, censé garantir la légalité et l’équité, constitue une menace directe pour l’État de droit”, indiquent ces sources.

Appel à l’action des institutions compétentes

Face à cette situation troublante, des voix s’élèvent pour appeler les institutions compétentes à s’emparer du dossier. Il est également exigé que le rapport final de la Cour des comptes soit rendu public, afin de permettre à la justice et aux organes de contrôle d’agir dans l’intérêt supérieur de la Nation. Car au-delà de l’affaire Honoré Mulumba Kalala, c’est la crédibilité de l’État congolais dans la gestion durable de ses ressources forestières qui est en jeu.

Rédaction

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