La République démocratique du Congo amorce une transformation majeure de sa Police nationale. Le président Félix Antoine Tshisekedi a promulgué, mercredi 9 juillet, la loi de programmation de mise en œuvre de la réforme de la Police nationale congolaise (PNC), un texte structurant qui couvre la période 2026-2030. Cette initiative marque une volonté claire du gouvernement de professionnaliser les forces de l’ordre, à travers un plan ambitieux à la fois technologique, structurel et humain.
Portée par le ministère de l’Intérieur, la réforme a franchi toutes les étapes parlementaires, avec l’appui de la commission Défense et sécurité dirigée par Rubens Mikindo. Elle prévoit la formation de 90 000 nouveaux policiers et le recyclage de 21 000 agents actifs. Des investissements massifs sont prévus, avec un budget global de 2,55 milliards de dollars, en hausse de plus de 11 % par rapport aux exercices précédents. Ce financement devrait permettre, entre autres, de « numériser les opérations de la police » et « d’optimiser la surveillance criminelle », selon les objectifs fixés par le gouvernement.
Sur le plan des infrastructures, le texte de loi prévoit la construction de 1 046 commissariats dans les Entités Territoriales Décentralisées (ETD). En parallèle, les unités spécialisées de la PNC seront renforcées, avec une augmentation du nombre de policiers formés dans ces domaines de 5 000 à 10 000 en cinq ans. Une redynamisation des unités canines est également au programme, tandis que les écoles de formation passeront de quatre à six sur l’ensemble du territoire.
L’une des grandes nouveautés réside dans l’industrialisation du secteur policier. Une industrie dédiée à la production d’équipements et d’accessoires sera mise en place, accompagnée de la création de garages de maintenance propres à la Police dans chaque province. Enfin, un accent particulier sera mis sur le lien entre la police et la population. « Le budget alloué à l’axe stratégique C, axé sur la redevabilité de la Police et le partenariat police-population, sera amélioré », précise la loi. Le texte sera intégré à la loi des finances de 2026, confirmant sa portée structurelle pour les années à venir.
CB
