La récente agitation observée à la frontière congolo-ougandaise continue de faire réagir. Samedi 12 juillet 2025, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Kakule Somo Evariste, a convoqué à Beni le consul ougandais Isingoma Kusemererwa. Cette rencontre diplomatique s’inscrit dans le contexte d’une vidéo virale montrant des activités inhabituelles aux postes frontaliers de Bunagana et Ishasha, des zones actuellement sous le contrôle du M23, soutenu par l’Alliance du Fleuve Congo (AFC).
Face aux soupçons de complicité ougandaise, le diplomate a tenu à dissiper toute ambiguïté. « L’Ouganda n’a autorisé aucune réouverture. Une communication officielle en suivra pour la cause. Nous reconnaissons uniquement le gouvernement de la RDC pour prendre de telles décisions », a-t-il déclaré. Une mise au point qui intervient alors que Kinshasa redoute que ces points de passage servent de couloirs logistiques pour les rebelles du M23.
La vidéo qui a déclenché cette polémique montre des échanges de biens et des mouvements de personnes entre les deux pays à Bunagana et Ishasha, sans l’aval officiel des autorités congolaises. Ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont ravivé les inquiétudes sur une possible remise en cause de la souveraineté nationale, particulièrement dans des zones à haute tension sécuritaire.
Face à cette situation, le président Félix Tshisekedi a donné instruction à la ministre des Affaires étrangères d’adresser une correspondance officielle au gouvernement ougandais pour obtenir des éclaircissements. Cette affaire vient ainsi jeter une nouvelle ombre sur les relations entre la RDC et certains de ses voisins, accusés de maintenir des liens ambigus avec des groupes armés opérant à l’Est du pays.
CB
