Le président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Vital Kamerhe, a marqué les esprits en clôturant, à Paris, la 50e session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF). Son discours de remerciement, empreint d’émotion et de lucidité, a été salué comme l’un des temps forts de ces assises internationales.
S’adressant aux autorités parlementaires présentes, Vital Kamerhe a exprimé sa profonde gratitude à ses hôtes, saluant notamment « la parole singulière de l’Honorable président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie », ainsi que celle de « Madame la Présidente Yaël Braun-Pivet et Monsieur le président Gérard Larcher », qui ont, selon lui, donné à cette session « un souffle remarquable, alliant la force du verbe à la clarté du sens ».
Dans une déclaration forte, Kamerhe a rappelé les souffrances de son pays, la RDC, ravagé par une guerre injuste dans sa partie orientale. Il a souligné que « les victimes de cette guerre sont prêtes à pardonner », mais a insisté : « sans jamais renoncer à la justice ni à la réparation ». Un message puissant de réconciliation, ancré dans la quête de vérité et de justice.
Au nom du Président de la République, Félix Tshisekedi, le président de l’Assemblée nationale a réitéré la volonté du pays de consolider une coopération pacifique avec ses voisins. Il a cité expressément le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie, l’Angola, la Zambie, le Soudan du Sud et la République Centrafricaine comme partenaires avec lesquels la RDC veut tisser des liens de bon voisinage et de développement.
Évoquant les grands défis mondiaux, Vital Kamerhe a insisté sur le rôle stratégique que la RDC peut jouer dans la transition énergétique mondiale. Il a lancé un appel à la communauté internationale : « Protégeons ce pays et aidons-le à redevenir une source de prospérité pour les générations futures. »
Le président de l’Assemblée nationale a également appelé l’APF à poursuivre son engagement actif en faveur de la RDC. Il a plaidé pour une implication plus forte de la jeunesse et des femmes dans les processus de paix, soulignant que « la paix durable et inclusive ne saurait être atteinte sans leur participation active ».
Dans une allocution vibrante, Kamerhe a défendu le rétablissement de l’intégrité territoriale de la RDC, aujourd’hui compromise, et a exhorté l’assemblée à considérer avec sérieux la crise humanitaire qui en découle. Il a rappelé la responsabilité collective de porter « la voix de la paix » au sein de l’APF, saluant la « nouvelle résolution que nous avons adoptée », laquelle incarne selon lui « notre engagement commun à faire triompher une paix durable, sans jamais transiger ni sur la justice, ni sur la souveraineté des nations, particulièrement celle de la RDC ».
Le président congolais n’a pas manqué de souligner la charge symbolique du lieu où il s’exprimait. « Je suis profondément reconnaissant du privilège de m’exprimer aujourd’hui, en ce lieu chargé d’histoire », a-t-il confié, avant d’évoquer avec émotion l’héritage humaniste de l’Assemblée française, « un lieu qui, de Victor Hugo à Jean Jaurès, de Simone Veil à Christiane Taubira, demeure l’écrin intemporel des luttes humanistes et démocratiques ».
Pour conclure ce moment solennel, Vital Kamerhe a choisi de s’adresser à l’assistance en plusieurs langues congolaises, dans un geste de fraternité et d’unité. « Asanti sana ; Matondo mingi ; Twasakidila ; Je vous remercie », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de l’auditoire. Un message de paix, d’espoir et de reconnaissance qui restera gravé dans les annales de cette 50e session de l’APF.
CB
