Alors que les négociations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali suscitent l’espoir d’une désescalade, la réalité sur le terrain au Nord-Kivu demeure dramatique. En juin 2025 seulement, plus de 1 300 civils ont subi de graves atteintes aux droits humains dans les territoires occupés par la coalition M23-AFC et ses alliés, alerte l’organisation Umoja Africa RDC dans un rapport publié ce mardi 15 juillet.
« Pas moins de 1 345 civils ont été victimes d’enlèvements, d’assassinats, de viols, de tortures, d’incendies de maisons et d’attaques ciblant les infrastructures sociales », dénonce l’ONG, pointant du doigt une recrudescence des violences dans un contexte pourtant sous observation régionale. Les auteurs présumés de ces crimes seraient des éléments du M23-AFC appuyés par des forces rwandaises, selon le document.
Les zones de santé de Masisi, Rutshuru, Nyiragongo, Goma et Pinga figurent parmi les plus affectées. À Goma, chef-lieu de la province, 118 cas d’enlèvements ont été rapportés, tandis qu’à Pinga, plus de 800 maisons auraient été réduites en cendres au cours du même mois. Un bilan qui témoigne d’un climat de terreur installé durablement dans plusieurs localités.
Malgré les engagements diplomatiques en cours, Umoja Africa RDC déplore l’absence de protection pour les populations civiles et le silence des autorités face à l’intensification des exactions. « Les violations massives des droits humains continuent en toute impunité dans les zones occupées », s’indigne l’organisation, qui appelle à des actions concrètes et urgentes.
Autre sujet de préoccupation : la situation des défenseurs des droits humains encore présents dans ces territoires instables. L’ONG redoute des représailles et attire l’attention de la communauté internationale sur leur vulnérabilité croissante. « Nous sommes vivement inquiets pour la sécurité des activistes œuvrant dans ces zones à haut risque », avertit-elle.
En conclusion, Umoja Africa RDC en appelle à un soutien international accru, notamment financier, pour mieux documenter les abus et renforcer les mécanismes de veille. Elle plaide également pour des campagnes ciblées de sensibilisation auprès des groupes armés afin qu’ils respectent les principes du droit international humanitaire.
CB
