Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, s’en est violemment pris au cardinal Fridolin Ambongo, l’accusant de saboter les efforts du gouvernement congolais en faveur de la paix dans l’est du pays. Lors d’une rencontre politique avec les militants de son parti à Kinshasa, l’homme fort du parti présidentiel n’a pas mâché ses mots, ciblant l’archevêque de Kinshasa dans un discours particulièrement offensif.
« Ne regrettez plus en ce qui concerne Ambongo. C’est un politicien en soutane qui relaie la position du Rwanda. Ne soyez pas surpris par ses prises de position. C’est un incrédule qui n’arrive pas à comprendre que Félix Tshisekedi est un enfant de Dieu », a lancé Kabuya, visiblement irrité par les prises de position critiques du prélat catholique à l’égard des dernières initiatives diplomatiques du gouvernement.
Au cœur de cette vive tension figure l’accord de paix en cours de finalisation à Washington, aux États-Unis. Cette entente, portée par le président Félix Tshisekedi et ses partenaires internationaux, vise à mettre un terme durable à la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Le processus est cependant accueilli avec scepticisme par une partie de la société civile, notamment les Églises catholique et protestante.
Pour ces institutions religieuses, les négociations menées à l’étranger ne tiennent pas compte des réalités locales. Elles appellent plutôt à un « pacte social pour le bien vivre ensemble dans la région des Grands Lacs », insistant sur la nécessité d’un dialogue inclusif, enraciné dans les causes profondes du conflit. Une approche que Kabuya perçoit comme une entrave aux efforts présidentiels.
Jusqu’ici, le gouvernement congolais ne s’est pas exprimé officiellement sur les propositions des confessions religieuses. Il maintient sa ligne diplomatique, misant sur les négociations internationales, notamment celles de Washington, comme levier principal vers une sortie de crise. Les propos de Kabuya, en revanche, marquent un durcissement dans les relations entre le pouvoir politique et certains dignitaires de l’Église.
CB
