À l’issue d’un briefing conjoint tenu lundi 21 juillet avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a souligné que seule une gouvernance légitime peut garantir une paix durable en République démocratique du Congo. Il a affirmé que « le pays doit être géré entre les mains du gouvernement et du président élu démocratiquement », insistant sur la nécessité d’un leadership fondé sur le choix du peuple pour stabiliser l’Est du pays.
Ce briefing s’inscrivait dans le cadre de la vulgarisation de la Déclaration de principes signée à Doha, document que le VPM a présenté comme une étape stratégique dans la quête de la paix dans les provinces en proie aux conflits armés. Sous le thème « Déclaration de principes de Doha : enjeux, grandes lignes et perspectives pour la paix durable dans l’Est de la RDC », Shabani a défendu une approche inclusive et progressive, tout en rappelant que la paix ne peut s’improviser. « La paix, on va la construire. Ce processus prendra du temps. Ce ne sera pas du tic au tac », a-t-il insisté.
Jacquemain Shabani a évoqué les sept points essentiels du processus de Doha, qu’il lie aux précédentes initiatives régionales, notamment la rencontre de mars entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ainsi que la signature en avril d’un communiqué conjoint entre Kinshasa et les représentants du M23. Il a assuré que le processus n’est ni isolé ni improvisé, mais s’inscrit dans une dynamique cohérente de recherche de solutions régionales durables.
Dans ce contexte, un mécanisme conjoint de suivi et de vérification a été mis en place pour garantir la mise en œuvre effective des engagements pris. Parmi les mesures attendues dans les jours à venir, figure notamment la relaxation progressive des détenus, y compris des militaires des FARDC, des civils, des responsables administratifs, ainsi que des acteurs politiques et défenseurs des droits humains. Le VPM a également insisté sur le retour des réfugiés et des déplacés comme une priorité du processus, en annonçant une réunion tripartite imminente à Addis-Abeba avec le Rwanda et le HCR.
Autre distinction importante soulevée par Shabani : les différences entre le processus de Doha et celui de Washington. Selon lui, « l’accord de Washington identifie le Rwanda comme acteur majeur du conflit », tandis que « le processus de Doha interpelle directement les acteurs congolais sur le terrain, appelés à s’impliquer pour une paix durable ». Cette orientation vise à responsabiliser les forces locales dans la construction d’une paix réelle et enracinée dans le vécu congolais.
En conclusion, le VPM de l’Intérieur a lancé un appel à l’unité nationale, exhortant les Congolais à s’approprier le processus de paix, à défendre la souveraineté nationale et à croire en un avenir apaisé. « Chaque accord apporte une pierre à l’édifice de la paix. À Doha, il est question de responsabiliser les parties congolaises directement concernées », a-t-il déclaré.
CB
