Après plusieurs jours d’un silence qui a suscité interrogations et rumeurs, le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a finalement refait surface ce jeudi 24 juillet à Lubumbashi. Salué par une foule composée de militants de l’ARDev et de supporters du FC Saint-Éloi Lupopo, il s’est brièvement montré devant sa résidence, sans faire de déclaration officielle. Un retour public qui survient au lendemain d’une réunion discrète avec les membres du Conseil provincial de sécurité, eux-mêmes préoccupés par l’étrange disparition de leur autorité.
Cette absence prolongée avait rapidement pris une tournure nationale. Le gouverneur ne s’était pas présenté à une convocation du vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, à Kinshasa. Le 18 juillet, la Direction générale des Migrations (DGM) était même allée jusqu’à diffuser un avis de recherche à son encontre, alimentant les spéculations sur un éventuel désaccord entre l’exécutif provincial et le pouvoir central.
En toile de fond, un discours controversé prononcé par Kyabula lors d’un meeting continue de faire grincer des dents. « Joseph Kabila et Corneille Nangaa sont des Congolais avec qui les différends doivent se régler en famille », avait-il déclaré, avant de désigner le « Rwanda d’adversaire principal dans le conflit à l’Est ». Des propos qui auraient irrité certaines sphères du pouvoir, dans un contexte où les alliances politiques semblent de plus en plus fragiles.
Selon des sources proches du ministère de l’Intérieur, cette période de retrait aurait conduit à une passation temporaire des responsabilités au vice-gouverneur. Kyabula, qui aurait évoqué des « soucis de santé » pour expliquer son silence, serait attendu à Kinshasa dans les prochains jours, « sauf changement de programme ». Si sa réapparition apaise certaines inquiétudes, elle laisse néanmoins entière la question des tensions internes au sein de la majorité présidentielle.
CB
