Le procès très attendu de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a connu un premier tournant ce vendredi 25 juillet 2025. La Haute Cour militaire, devant laquelle il est poursuivi, s’est officiellement déclarée saisie de l’affaire et a validé la constitution de la République comme partie civile. Une démarche qui confère une dimension institutionnelle forte au dossier, alors que l’ancien chef de l’État fait face à de lourdes accusations, notamment de trahison, complot et apologie du terrorisme.
Lors de cette première audience, les avocats représentant la République ont demandé un renvoi, affirmant vouloir « compulser les pièces du dossier et préparer leurs défenses ». Une demande à laquelle la Haute Cour a accédé, reportant ainsi l’audience au 31 juillet prochain. Ce délai permettra aux différentes parties de mieux préparer leurs arguments dans ce procès au retentissement inédit dans l’histoire politique récente du pays.
Ce procès découle d’une injonction formelle du ministre de la Justice, suivie d’un réquisitoire transmis au Sénat, qui a autorisé l’ouverture des poursuites. À Kinshasa, l’ambiance est à la prudence, mais la ligne officielle reste ferme. Comme l’a récemment rappelé le vice-ministre de la Justice : « La justice ne négocie pas ». Pour beaucoup d’observateurs, cette séquence marque un tournant dans la manière dont les anciens dirigeants peuvent désormais rendre compte de leur gestion devant les juridictions du pays.
CB
