Depuis maintenant quatre jours, la ville de Kisangani est plongée dans une pénurie totale d’eau potable. Une situation intenable qui met en péril la santé publique et soulève de nombreuses interrogations sur la gestion de la Régideso au niveau provincial.
À l’origine de cette crise, l’incompétence notoire attribuée au directeur provincial de la Régideso, dont la gestion est de plus en plus décriée par la population. Aucun communiqué officiel, aucune solution d’urgence, aucune explication convaincante n’a été donnée, alors que les robinets sont à sec et que les familles peinent à s’approvisionner, même pour les besoins les plus élémentaires.
Dans les quartiers les plus touchés, les files s’allongent devant les rares sources d’eau, parfois insalubres. Les femmes et les enfants parcourent des kilomètres à la recherche de quelques bidons d’eau, au risque de leur sécurité et de leur santé. La situation est d’autant plus critique que cette pénurie survient en pleine saison sèche, où les besoins sont accrus.
Et pourtant, alors que la ville s’enfonce dans cette crise chronique, les débats politiques et les conflits stériles prennent le dessus. Les élus locaux, censés défendre les droits de la population, brillent par leur silence ou s’égarent dans des querelles secondaires. La jeunesse, elle aussi, semble détournée de l’essentiel, ne s’indignant que trop faiblement face à une privation aussi fondamentale que celle de l’eau.
Il est temps que les responsabilités soient établies et que des mesures concrètes soient prises. L’eau est un droit fondamental. En priver une ville entière pendant plusieurs jours relève non seulement d’une négligence grave, mais aussi d’un mépris flagrant envers les citoyens.
Face à cette crise, la population attend des actes, non des discours. Il en va de la dignité des habitants de Kisangani et de l’avenir de toute une génération.
Rédaction
