Deux mois après sa disparition remarquée, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo est officiellement en exil. C’est ce qu’a annoncé ce samedi 2 août à Kinshasa Francklin Tshamala, secrétaire général du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD). Il affirme avoir échangé directement au téléphone avec le principal concerné, qu’il décrit comme « bel et bien vivant et en sécurité », mais « contraint d’aller en exil par les pouvoirs en violation de l’article 30 alinéa 2 de la Constitution ».
L’annonce fait suite à la condamnation de Matata Ponyo en mai dernier par la Cour constitutionnelle, une décision que le LGD continue de contester. Pour Francklin Tshamala, il s’agit d’un « arrêt inconstitutionnel », qualifié d’« inapplicable » et d’« une honte pour la justice congolaise devenue un appendice du pouvoir exécutif ». Il dénonce ainsi un procès politique qui aurait duré quatre ans, avec des conséquences lourdes sur la vie privée et les droits de l’ancien Premier ministre et de sa famille.
Selon les accusations portées par le LGD, les autorités auraient commis plusieurs abus à l’encontre de Matata et de ses proches. Le parti parle de « torture morale et physique », d’entraves aux soins médicaux à l’étranger, ainsi que d’un « empoisonnement » présumé de leur leader. Il évoque également la confiscation du passeport de sa fille par la DGM, l’interdiction de sortie du territoire imposée à son épouse, et la saisie de fonds appartenant à un cabinet d’études de M. Matata.
Le secrétaire général du parti indique que « le 21 mai, soit le lendemain du prononcé de l’arrêt de la Cour, Matata Ponyo avait disparu ». Le LGD avait ensuite signalé cette disparition officiellement le 31 mai. Désormais en exil, l’ancien chef du gouvernement entend poursuivre son engagement politique. « Il continuera son combat jusqu’à l’avènement d’un État de droit », a affirmé Francklin Tshamala, précisant que Matata reste en lien avec les forces de l’opposition, aussi bien au pays qu’à l’étranger.
En guise de perspective, le LGD renouvelle son appui aux démarches initiées par les responsables religieux membres de l’ASSEINCO et de l’ESCC, qui plaident pour une refondation de l’action politique nationale. « Nous devons refonder notre capacité d’agir ensemble pour l’intérêt commun », a conclu Tshamala. Le lieu d’exil choisi par l’opposant congolais n’a pas encore été dévoilé.
CB
