Un nouveau drame lié à l’insécurité urbaine a secoué la ville de Kinshasa. Lundi 4 août 2025, un braquage spectaculaire a coûté la vie à deux personnes dans le quartier Righini, commune de Lemba. Selon les autorités locales, une vingtaine de braqueurs armés, arrivés à moto, ont ouvert le feu sur un véhicule transportant un cambiste qui revenait d’une banque. Le chauffeur et le policier chargé de la sécurité ont été tués sur place, tandis que les assaillants ont pris la fuite avec plus de 80 000 dollars américains. Le cambiste, quant à lui, a survécu à l’attaque.
Le bourgmestre de Lemba, Jean-Serge Phoba, a confirmé les faits le lendemain, dénonçant la brutalité de ces malfrats « cagoulés et lourdement armés ». Selon ses déclarations, les bandits ont sommé le chauffeur de s’arrêter avant de neutraliser le policier et de s’emparer de son arme, ainsi que de l’importante somme d’argent. Une fois leur forfait accompli, ils se sont évaporés dans la nature, empruntant des voies secondaires pour fuir les lieux.
Cet incident tragique s’ajoute à une série de braquages de plus en plus fréquents à Kinshasa, ciblant aussi bien des commerces que des véhicules de transport d’argent. Malgré le lancement de l’opération « Ndobo » par le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, les résultats tardent à convaincre. La recrudescence de ces actes criminels pousse de nombreux Kinois à remettre en question l’efficacité de cette initiative sécuritaire, pourtant présentée comme une réponse musclée à l’insécurité grandissante.
Face à ce constat alarmant, des voix s’élèvent pour appeler à un changement stratégique dans la gestion sécuritaire de la capitale. Des experts en sécurité et acteurs économiques recommandent un renforcement des dispositifs de protection autour des opérateurs financiers, tout en réclamant des enquêtes rigoureuses pour démanteler ces réseaux criminels. En attendant, l’ombre de l’insécurité continue de planer sur Kinshasa, plongeant ses habitants dans l’angoisse.
CB
