Réunis ce mercredi 6 août dans la salle Show Buzz à Kinshasa, les membres du Réseau des Entrepreneurs Solidaires (RES) ont tenu un point de presse percutant pour dénoncer la gestion actuelle de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP). Ils accusent cette institution de s’éloigner gravement de sa mission, appelant à une réforme urgente pour restaurer la transparence et l’équité dans l’accès aux marchés.
Selon le RES, l’ambition du chef de l’État, telle que définie au début de son mandat, est aujourd’hui trahie. « Le chef de l’État a clairement formulé une ambition : créer des millionnaires congolais grâce à la sous-traitance, en favorisant une véritable classe moyenne entrepreneuriale nationale », ont-ils rappelé, s’appuyant sur la loi n°17/001 du 8 février 2017, censée encadrer cette vision.
Mais sur le terrain, la réalité serait toute autre. Les intervenants dénoncent une gestion « clientéliste, opaque et corrompue » de l’ARSP sous la direction actuelle de Miguel Kashal. Selon eux, l’institution est devenue « un instrument de prédation économique », concentrant les marchés entre les mains d’un cercle restreint d’entreprises proches de la direction, au détriment de l’intérêt général.
Le RES appelle à un audit public de la gestion de l’ARSP sur la période allant de 2021 à 2025. Il réclame également la révision des procédures d’attribution des marchés afin de « lutter contre les sociétés fictives et les prête-noms ». Une autre revendication forte est la « numérisation et la transparence des processus », jugées indispensables pour restaurer la confiance des entrepreneurs congolais.
Revenant sur le cadre légal et réglementaire, le RES rappelle que la loi sur la sous-traitance « réserve la sous-traitance aux entreprises à capitaux congolais pour dynamiser l’emploi national, renforcer l’assiette fiscale et promouvoir la souveraineté économique ». Mais pour eux, ces principes sont aujourd’hui ignorés, les décisions de l’ARSP étant « souvent arbitraires, non conformes à l’esprit de la loi ».
Dans cette optique, le RES plaide pour une réforme structurelle en profondeur. Il demande la fin de la politisation de l’ARSP, un suivi rigoureux de ses activités et la réaffirmation de son rôle de régulateur impartial. L’objectif : « rétablir l’équité » et offrir aux PME congolaises un environnement favorable pour leur développement et leur compétitivité.
En guise de conclusion, les membres du RES ont lancé un appel solennel au président de la République : « Il est temps de rétablir la transparence, la justice économique et l’équité dans l’accès aux marchés de la sous-traitance ». Et de marteler : « Le président doit faire respecter sa propre vision afin de redonner confiance aux entrepreneurs nationaux ».
CB
