La localité de Mayi-Moya, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), a de nouveau été la cible d’une attaque meurtrière attribuée aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Dans la nuit de mercredi à jeudi 14 août, trois hommes ont été tués et plusieurs autres portés disparus, selon des sources locales. Les assaillants ont également incendié une boutique et pillé divers biens, laissant derrière eux une population traumatisée.
Cette incursion intervient alors que les opérations militaires conjointes entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) avaient permis un certain retour au calme. La peur s’installe à nouveau, d’autant que les mouvements des assaillants auraient été détectés depuis plusieurs jours par les forces vives locales, qui appellent aujourd’hui à un renforcement urgent de la présence militaire dans l’axe Beni–Irumu-Mambasa.
Le regain d’activité des ADF dans la région inquiète particulièrement, car il rappelle les vagues d’attaques meurtrières qui ont coûté la vie à plusieurs dizaines de civils ces derniers mois. Après avoir été traqués vers Lubero par la coalition FARDC–UPDF, les rebelles semblent réinvestir leurs anciens bastions dans le territoire de Beni, multipliant les actions de guérilla.
Pour les habitants, ce nouveau cycle de violence sonne comme un douloureux retour en arrière. L’espoir né des succès militaires récents cède la place à la crainte d’un enracinement durable de l’insécurité, alors même que la région tente de se relever des traumatismes passés. Les forces locales insistent sur la nécessité de stratégies plus offensives et durables afin d’éviter que l’ADF ne consolide à nouveau ses positions dans cette partie du Nord-Kivu.
CB
