Le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botay, veut faire passer la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 1,5 à 4 milliards de dollars américains. Pour atteindre cet objectif ambitieux, il mise sur la généralisation de la facture normalisée et des dispositifs électroniques fiscaux (DEF), une réforme officiellement entrée en vigueur le 1er août 2025.
Ce vendredi 15 août à Kinshasa, un breakfast fiscal a réuni le ministère des Finances, la Direction Générale des Impôts (DGI) et des membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). L’occasion pour les autorités de rappeler que ce dispositif n’est pas une nouvelle taxe, mais un outil technologique visant à sécuriser la collecte, améliorer la transparence et combattre la concurrence déloyale.
La vice-ministre des Finances, Gracia Yamba, a détaillé les avantages de la réforme : données fiscales plus fiables, transactions mieux tracées et protection renforcée contre les pratiques frauduleuses. Pour encourager l’adhésion, l’État offre gratuitement les Modules de Contrôle de Facturation (MCF) et rembourse la moitié du coût des DEF via un crédit d’impôt.
Doudou Fwamba veut également impliquer les citoyens dans ce chantier fiscal. Il exhorte la population à exiger systématiquement une facture lors de chaque achat. Pour stimuler ce réflexe, des campagnes incitatives avec tombolas, maisons et véhicules à la clé, sont prévues dans les prochains mois.
La DGI, par la voix de son directeur Barnabé Muakadi, invite les entreprises et fournisseurs de logiciels à se conformer rapidement à la procédure d’homologation des systèmes de facturation. Une première liste des solutions agréées sera publiée début septembre. La période actuelle est considérée comme une phase de « mise en conformité » avant l’application de sanctions, notamment l’impossibilité de déduire la TVA en cas de non-respect.
Pour Doudou Fwamba, cette réforme est un levier stratégique pour améliorer l’environnement des affaires et renforcer la compétitivité économique. « L’adhésion de tous est indispensable pour bâtir un système fiscal équitable au bénéfice de notre économie et de notre population », insiste-t-il.
Prochain cap annoncé par le ministre : le déploiement d’une facture numérique adaptée aux besoins spécifiques des secteurs comme la banque et les télécommunications, marquant ainsi une nouvelle étape dans la modernisation fiscale du pays.
CB
