À peine installé à la tête du ministère de la Poste et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu a engagé un premier dialogue franc avec son administration. Lors d’une réunion officielle tenue mardi 19 août avec le secrétaire général Aurélien Kamba Nsunda et les directeurs du ministère, l’ancien ministre de la Recherche scientifique a défini son mode de gouvernance, axé sur la collaboration et l’inclusion. « C’est l’administration qui est le socle de chaque ministère… Je ne ferai rien sans vous consulter à travers votre SG », a-t-il affirmé.

D’entrée de jeu, José Mpanda a précisé qu’il n’entend pas traiter des dossiers qui n’auraient pas reçu le visa préalable du secrétaire général. Une manière de rappeler que la discipline administrative et le respect de la hiérarchie constitueront la colonne vertébrale de son mandat.
De son côté, le SG Aurélien Kamba Nsunda a dressé un état des lieux sombre, traduisant les attentes de quelque 1 500 agents répartis entre Kinshasa et les provinces. Il a souligné en priorité le manque criant d’infrastructures. « Il est aberrant que les agents de PTNTIC soient des locataires dans leurs propres bâtiments », a-t-il dénoncé, plaidant pour la restitution partielle ou totale du patrimoine immobilier cédé à la SCPT en 1967.
La seconde difficulté touche aux conditions de travail. Le SG a révélé qu’« aucun cadre de mon administration n’a un véhicule de fonction », déplorant également l’absence de soins médicaux et la faiblesse des primes comparées à celles des collègues du secteur numérique. Il a sollicité l’appui du ministre pour offrir, à travers un projet foncier à Nd’jili-Brasserie, une parcelle de terrain à chaque agent. « Vous serez un ange pour mes agents si vous parvenez à résoudre leur problème de bâtiments, de véhicules, de soins médicaux, de primes et de logement », a-t-il lancé.
Au plan international, le SG a rappelé l’enjeu du rapatriement du siège de l’Union africaine des télécommunications (UAT) à Kinshasa. Celui-ci avait été déplacé à Nairobi en 1991 après les pillages. Son retour dépend d’un paiement de 1,4 million USD. « Pour l’honneur de la République, c’est un dossier stratégique à porter au conseil des ministres pour que ce paiement soit effectué avant février 2026 », a insisté Aurélien Kamba.
Il a également attiré l’attention du ministre sur les cotisations impayées de la RDC auprès de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de l’Union postale universelle (UPU). Selon lui, ces arriérés privent le pays du droit de parole et de vote dans ces instances. Un plaidoyer de José Mpanda auprès du ministère des Finances serait indispensable pour redonner du poids diplomatique à la RDC.
Au-delà de cette rencontre avec l’administration, José Mpanda a multiplié les consultations, notamment avec l’association des mamans de PTNTIC et les responsables des projets sous sa tutelle comme la RASCOM, le PIDEP ou encore le Portail électronique du gouvernement. Objectif affiché : réaliser un état des lieux exhaustif et se doter d’une feuille de route claire pour redynamiser un secteur stratégique mais en crise depuis plusieurs décennies.
CB
