L’ancien Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege, a réagi ce samedi 23 août 2025 aux rapports publiés par Human Rights Watch et Amnesty International le 20 août dernier. Ces documents font état d’« exactions graves commises dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, en grande partie occupées par l’armée rwandaise dans le cadre d’une énième guerre d’agression », a déclaré le docteur sur son compte X, anciennement Twitter.
Se disant « alarmé par le recours généralisé à la violence sexuelle comme une méthode de guerre par l’ensemble des parties au conflit, notamment par le M23, dont le contrôle et la direction de facto sont assurées par les Forces de défense rwandaises », Denis Mukwege a insisté sur la gravité des crimes dénoncés par les organisations internationales.
Il a particulièrement attiré l’attention sur « les sources crédibles recueillies par HRW et AI de massacres commis à grande échelle en juillet dernier dans le territoire de Rutshuru à l’encontre principalement de civils d’origine hutue », rappelant que ces informations corroborent le communiqué du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme publié le 6 août. « Le ciblage par le M23 des civils hutus vivant à proximité des bastions des FDLR soulève de graves inquiétudes quant à un éventuel nettoyage ethnique », a-t-il souligné.
Mukwege a établi un parallèle avec les atrocités du passé, affirmant que « ces atrocités rappellent les crimes les plus graves commis à l’encontre des Hutus en 1996 et 1997 lors de la 1ère guerre du Congo et répertoriés dans le rapport Mapping des Nations Unies. S’ils étaient portés devant un tribunal compétent, ces crimes imprescriptibles restés impunis pourraient être qualifiés de génocide ».
Enfin, il a appelé la communauté internationale à sortir de l’inaction : « Les États et les institutions qui cherchent à restaurer la paix dans la région des Grands Lacs ne pourront faire l’économie de la justice et nier les millions de victimes congolaises. Nous réitérons notre appel aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux États à adopter sans plus tarder des sanctions fortes et coordonnées contre la hiérarchie militaire et politique responsables (…) et à mobiliser les ressources pour mettre en place un Tribunal Pénal International pour le Congo, des chambres spécialisées mixtes et la mise en œuvre de tous les outils de la justice transitionnelle en RDC ».
CB
