Le passage de l’artiste musicienne Rebo à Kisangani continue de susciter l’indignation. Dans un communiqué publié ce mardi 26 août, le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) dénonce ce qu’il qualifie de « dilapidation » des fonds publics mobilisés pour l’organisation de ce concert, au moment où la province de la Tshopo fait face à de graves carences en matière de services publics.
Pour la LUCHA, les sommes dépensées pour cet événement artistique témoignent du manque de priorisation des besoins essentiels par le gouverneur Paulin Lendongolia. Alors que l’état des routes rurales reste catastrophique, l’électricité manque depuis des années, l’insécurité urbaine ne cesse de croître et les arriérés de salaires des agents provinciaux s’accumulent, le chef de l’exécutif provincial semble plus préoccupé par l’organisation de spectacles que par le développement réel de la province.
Le mouvement citoyen estime que l’allocation de ressources pour un concert, alors que tant de besoins fondamentaux demeurent insatisfaits, constitue un abus des deniers publics et un exemple flagrant de mauvaise gouvernance. La LUCHA appelle les élus nationaux à ouvrir une enquête parlementaire pour clarifier l’origine des fonds utilisés et réclamer des sanctions contre les responsables de cette gestion jugée « scandaleuse ».
Par ailleurs, la LUCHA dénonce une possible dépense extra-budgétaire, non prévue dans le budget provincial validé par l’Assemblée provinciale. Selon le mouvement, cette situation pose un problème d’éthique et met en lumière l’incapacité du gouverneur Lendongolia à planifier et gérer efficacement les ressources publiques.
Le mouvement exhorte enfin l’Assemblée provinciale à publier le montant exact dépensé pour ce concert et à tirer les conséquences politiques qui s’imposent. La LUCHA conclut en appelant à un sens accru de responsabilité républicaine et à une gestion orientée vers les véritables besoins de la population de la Tshopo, soulignant que, jusqu’à présent, le gouverneur ne semble pas soutenir le chef de l’État dans le développement de cette province stratégique.
CB
