Alors que l’ancien président Joseph Kabila reproche à Félix Tshisekedi de refuser la convocation d’un dialogue national et inclusif, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a rejeté ces accusations. Pour lui, l’ex-chef de l’État n’a aucune légitimité pour parler de réconciliation, estimant qu’il est directement impliqué dans la rébellion de l’AFC/M23. « Monsieur Kabila, ancien Président de la République Démocratique du Congo ne peut pas se permettre aujourd’hui de dire que Kinshasa ne favorise pas le dialogue pendant que lui (…) a pris les armes contre la République et ça ce n’est plus un débat », a déclaré Shabani mardi 2 septembre lors d’un briefing.
Le ministre de l’Intérieur a en outre dénoncé l’attitude de l’ancien président face aux souffrances des populations de l’Est. Selon lui, Kabila ne peut exiger un dialogue après avoir contribué aux violences dans plusieurs territoires. « Vous ne pouvez pas prendre les armes pour réclamer un dialogue, vous ne pouvez pas tuer de milliers, faire déplacer des millions des congolais et il ose parler de dialogue, ça il se moque de ce peuple et de cette nation », a martelé Shabani, accusant son prédécesseur d’avoir privé Masisi et Rutshuru des élections de 2023 à cause de l’insécurité.
Cette prise de position intervient alors que des appels se multiplient pour un dialogue national, notamment après la publication d’une feuille de route par les confessions religieuses et à la veille d’une rencontre prévue en Afrique du Sud à l’initiative de Thabo Mbeki. De son côté, le président Tshisekedi rappelle qu’aucune médiation ne peut se tenir sans son aval, privilégiant l’accord de Washington et le processus de Doha pour sortir la RDC de la crise sécuritaire et mettre fin aux influences extérieures.
CB
