La province de la Tshopo se retrouve au cœur d’une polémique financière. Guy Rami Lonia accuse l’administration du Gouverneur Paulin Lendongolia d’une gestion opaque dans le cadre de la réhabilitation de la Route Nationale 4. Selon lui, la répartition des fonds soulève de sérieuses interrogations : « La province a reçu une enveloppe de 1,217 million USD. Seulement 699 979 USD auraient été justifiés pour la réhabilitation de… 11 kilomètres de route en terre battue. » Un simple calcul révèle un coût moyen de 63 000 USD par kilomètre, bien au-delà des standards habituels.
La question de l’utilisation des fonds restants reste entière. « Où sont passés les 527 478 USD restants ? » s’interroge Lonia, qui réfute la justification officielle invoquant la sécurité : « Comment ces fonds auraient-ils pu être alloués à la sécurité alors que la police locale manque cruellement de carburant, de véhicules et d’équipements de base ? » L’argument est ainsi qualifié d’insoutenable face aux faits.
L’expertise de Lonia met également en lumière un schéma de surfacturation systématique. Il rappelle que des travaux similaires étaient auparavant facturés entre 25 000 et 40 000 USD/km. « La facture de l’actuel gouvernorat, gonflée de 63 000 USD/km pour une route préexistante, défie toute logique économique. » Le choix d’un prestataire privé, en contournant l’Office des Routes, semble avoir facilité cette dérive, en réduisant les mécanismes de contrôle et de transparence.
Enfin, l’absence de preuves tangibles sur la réalisation des travaux inquiète. Selon Lonia, « l’absence de preuves formelles de réception des travaux » constitue un aveu implicite de manquements graves. Ce détournement supposé des 527 000 USD aurait non seulement gaspillé des ressources essentielles, mais aussi privé la population d’investissements en sécurité et développement. Lonia lance un appel clair : la Justice et l’Assemblée provinciale doivent enquêter et rendre des comptes, afin de restaurer la confiance dans la gestion publique de la Tshopo.
CB
