Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est exprimé avec fermeté et réalisme, ce mercredi 24 septembre à New York. Depuis la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, le chef de l’État congolais, dans un discours d’une vingtaine de minutes, a replacé la République démocratique du Congo au cœur des enjeux internationaux, en mettant l’accent sur la paix, la justice et la souveraineté.
Il a réaffirmé son attachement au multilatéralisme, qu’il a qualifié d’indispensable face aux crises mondiales, tout en dévoilant les grandes lignes de la position congolaise au Conseil de sécurité à partir de janvier 2026. Tshisekedi a assuré que la RDC y jouera un rôle « constructif et holistique », orienté autour de deux priorités majeures : la consolidation de la paix et de la sécurité ainsi que la prévention et la résolution des conflits.
Dans son adresse, Félix Tshisekedi a porté un plaidoyer appuyé en faveur d’une réforme en profondeur du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour lui, l’Afrique ne peut plus demeurer spectatrice des grandes orientations planétaires. Il a ainsi revendiqué deux sièges permanents assortis du droit de veto, ainsi que deux sièges non permanents supplémentaires pour le continent. « Avec ses 54 pays et plus de 1,2 milliard d’habitants, l’Afrique mérite la place qui lui revient », a-t-il insisté.
Revenant sur la situation sécuritaire, le président congolais a dénoncé une fois de plus la guerre de prédation qui ravage la RDC depuis trente ans. Il a appelé la communauté internationale à prendre ses responsabilités morales et politiques en soutenant la quête de vérité et en rendant justice aux millions de victimes. Tshisekedi a aussi martelé la nécessité de reconnaître le « génocide congolais », rappelant que les propres rapports des Nations unies, à l’instar du Rapport Mapping, en fournissent les preuves.
S’agissant du processus de paix récemment lancé, le chef de l’État a salué la médiation du président américain Donald Trump, qui a conduit à l’accord signé le 27 juin à Washington entre Kinshasa et Kigali. Toutefois, il a mis en garde contre toute illusion d’« accalmie de façade », affirmant que la RDC ne visait rien d’autre qu’une paix « juste, durable et vérifiable ». Dans ce cadre, il a réaffirmé son exigence du retrait immédiat des troupes rwandaises, tel que stipulé par la résolution 2773 du Conseil de sécurité.
Tshisekedi a conclu son intervention en abordant les enjeux climatiques, mettant en avant le bassin du Congo comme un acteur clé de l’équilibre écologique mondial. Par ce rappel, il souligne que la RDC, malgré ses défis sécuritaires, aspire à jouer un rôle central dans les solutions globales, en conciliant protection de l’environnement, gestion responsable de ses ressources stratégiques et développement durable au service de ses citoyens.
CB
