La gouvernance du gouverneur Paulin Lendongolia est de plus en plus décriée dans la province de la Tshopo. Dans une lettre ouverte adressée au président Félix-Antoine Tshisekedi, un citoyen de Kisangani, Ézéchiel Moke Likengo, dénonce ce qu’il qualifie de « gestion catastrophique » et appelle à des mesures urgentes pour mettre fin à cette situation.
Selon lui, les députés provinciaux élus de la Tshopo ne sont pas exempts de reproches. Ils auraient fait preuve de « complicité face à cette gestion catastrophique » en gardant le silence et en adoptant une attitude passive. « Ils semblent avoir choisi leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la population qu’ils représentent et se laissent manipuler par Monsieur Paulin Lendongolia Lebabonga, qui ne veut rendre compte de rien devant les élus conformément aux lois de la République », écrit-il.
Dans sa correspondance, Ézéchiel Moke insiste sur le fait que le gouverneur aurait « fini par aliéner totalement la confiance » que la population lui avait accordée. Il souligne qu’« aujourd’hui Lendongolia est massivement désavoué par la population de la Tshopo » et qu’il représente désormais « une honte » pour la « haute vision » du chef de l’État, puisqu’il « s’approprie tous les efforts du gouvernement de la République ».
L’auteur de la lettre énumère plusieurs faiblesses qu’il attribue à l’administration provinciale actuelle. Pour lui, la gouvernance de Paulin Lendongolia se distingue notamment par « l’incompétence notoire dans la gestion des affaires publiques » et par « la politisation de l’administration provinciale, notamment de la DGRPT ».
Se fondant sur ces critiques, Ézéchiel Moke exhorte le président Tshisekedi à prendre acte du rejet populaire dont le gouverneur ferait l’objet. Il demande notamment d’« initier un audit rigoureux de la gestion financière et administrative de la Tshopo » et de « mettre fin à cette gouvernance destructive » en adoptant des mesures concrètes pour l’intérêt de la population.
Le citoyen de Kisangani appelle également les députés provinciaux à se ressaisir. Il les invite à se rappeler de leurs « devoirs de redevabilité envers la population », afin d’exercer un véritable contrôle sur l’exécutif provincial et de défendre les intérêts de leurs électeurs.
Si Paulin Lendongolia est considéré par ses partisans comme un « bâtisseur » et « l’homme-solution », ses détracteurs, à l’instar d’Ézéchiel Moke Likengo, estiment qu’il symbolise plutôt une « gestion calamiteuse » qui freine le développement de la Tshopo. Le fossé entre ces deux perceptions semble aujourd’hui s’élargir, annonçant des jours incertains pour le gouverneur.
Aux dernières nouvelles, nous apprenons de sources indépendantes que la rentrée parlementaire sera de tous les enjeux à l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Une pétition pour déboulonner Paulin Lendongolia est déjà en marche. Le président de l’Assemblée provinciale, Mateus Kanga, qui n’est plus en odeur de sainteté avec le gouverneur de province, jure de le défenestrer. « Je ne le raterai plus cette fois-ci », confie-t-il à ses proches.
CB
