À Kisangani, l’Association Fonds de Solidarité des Victimes de Guerre de la Province Orientale (FSVGPO) tire la sonnette d’alarme. Dans un mémorandum remis vendredi 26 septembre 2025 au Gouvernorat de la province et destiné au Chef de l’État Félix Tshisekedi, l’organisation dénonce l’arrêt prolongé des indemnisations et pointe du doigt la gestion controversée du Frivao. Selon le président national Dieudonné Katusi, il y a urgence à réformer la structure afin de répondre aux attentes des victimes.
Le document fait état d’un blocage des indemnisations depuis plus de trois mois. Les victimes, notamment à Kisangani, continuent de subir des souffrances, certaines étant même décédées sans jamais avoir reçu de compensation. La FSVGPO souligne que les indemnisations collectives, souvent orchestrées par l’ancienne direction, ont été à l’origine de malversations et de détournements de fonds, laissant les bénéficiaires dans une situation critique.
L’association ne cache pas sa déception envers l’ancienne équipe dirigeante du Frivao, remise en fonction par l’ancien ministre intérimaire de la Justice, Samuel Mbemba, et dirigée par l’abbé François Mwarabu en remplacement du comité Chancard Bolukola suspendu. « Même mode opératoire, mêmes échecs », déplore la FSVGPO, appelant à un changement radical pour restaurer la crédibilité du Fonds.
Face à cette situation, les victimes réclament la nomination urgente d’une nouvelle équipe dirigeante, capable de relancer les indemnisations dans les provinces concernées, notamment la Tshopo, conformément aux décisions de la Cour pénale internationale. Elles insistent également pour que le siège du Frivao reste à Kisangani, « ville martyre », lieu symbolique des atrocités, et non à Kinshasa.
Le mémorandum met par ailleurs en avant quelques avancées notables, telles que la construction d’un mémorial à Kisangani et la proposition d’un siège pour la FSVGPO dans la ville. Ces initiatives, bien que positives, ne sauraient compenser le retard et les dysfonctionnements persistants dans la prise en charge des victimes de guerre.
En réponse, le directeur de Cabinet adjoint du gouverneur, Me Jean-Bedel Masombola, a appelé au calme, assurant que le mémorandum serait transmis aux autorités compétentes. Néanmoins, pour la FSVGPO, la situation exige des mesures rapides et décisives : il y a péril en la demeure, et seul un renouvellement complet des animateurs du Frivao pourrait redonner espoir aux victimes.
CB
