Les naufrages sur les fleuves congolais sont devenus un drame récurrent, endeuillant régulièrement des familles et exposant l’incapacité des autorités à garantir la sécurité des voyageurs. Face à la multiplication des critiques et à la pression de l’opinion, le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a finalement décidé de réagir.
Ce mardi 30 septembre à Kinshasa, il a convoqué une réunion avec les principaux acteurs du secteur fluvial – armateurs, propriétaires de baleinières et constructeurs de bateaux. Au centre des discussions : la sécurité des passagers, souvent sacrifiée au profit du gain. L’initiative, saluée comme un signal d’éveil, intervient cependant après une longue période de silence que beaucoup jugent coupable.
Le ministre a annoncé une série de mesures classiques mais rarement respectées : port obligatoire des gilets de sauvetage, présence de bouées à bord et contrôles techniques réguliers des embarcations. Des promesses déjà entendues par le passé et dont l’application reste le véritable défi. Pour les usagers, les discours ne suffisent plus, seule l’effectivité des sanctions et des contrôles pourra changer la donne.
Reste à savoir si Jean-Pierre Bemba, surnommé le « guerrier », ira au-delà de cette première réaction. Parviendra-t-il à imposer une véritable rigueur dans un secteur marqué par le désordre et l’impunité ? La réponse se jouera sur les eaux du Congo, là où chaque traversée demeure, jusqu’à preuve du contraire, un pari sur la vie.
CB
