Après plusieurs jours de tension institutionnelle, un tournant semble s’amorcer à l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Le Directeur de l’Administration de l’Assemblée provinciale, Isidore Maketo Ndompetelo, qui avait été pris en otage par Papy Matezolo en complicité avec le gouverneur Grâce Bilolo, a retrouvé la liberté ce lundi 6 octobre 2025, après quelques heures de séquestration qui avait paralysé le fonctionnement de l’institution. À peine relâché, il s’est aussitôt rendu à la Mairie de Matadi, lieu provisoire de la plénière, marquant ainsi la reprise des activités parlementaires sous haute vigilance.
Selon le communiqué officiel N°328/002/AP/AA/KC/2025, le Bureau de l’Assemblée provinciale avait décidé, sur la base de l’article 5, alinéa 3 du règlement intérieur, de délocaliser exceptionnellement la plénière prévue pour 15h30. Cette décision faisait suite à des « circonstances exceptionnelles » rendant impossible la tenue normale des travaux au siège habituel. Ainsi, la salle des réunions de la Mairie de Matadi, sise avenue Bukavu n°10, a été retenue pour accueillir les débats des élus provinciaux.
Mais derrière cette réorganisation d’urgence se cache un climat de fortes tensions politiques. Le président déchu de l’Assemblée, Papy Matezolo, est accusé de vouloir bloquer le processus d’installation du bureau d’âge, pourtant appuyé par les instructions du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, et validé par le gouverneur de province. Pour plusieurs observateurs, la situation frôle désormais la dérive institutionnelle.
« Ce qui se passe actuellement à l’Assemblée provinciale du Kongo Central est tout simplement inacceptable », dénonce un acteur politique local. Selon lui, « l’attitude de Papy Matezolo, qui s’érige désormais en maître du terrain, est une insulte ouverte aux institutions républicaines ». L’homme est accusé d’avoir eu recours à la force au lieu de privilégier le dialogue et la voie institutionnelle.
Des témoins rapportent que, lors de la tentative de reprise de la plénière, « des pseudo-députés armés de machettes, pioches, pinces, tournevis, râteaux et seringues usées » ont été aperçus dans l’enceinte de l’Assemblée. Des scènes de violence qui choquent l’opinion et remettent en question le respect de l’État de droit au niveau provincial. « Ce comportement, aux antipodes de la démocratie, frise un crime contre l’État de droit », s’indigne la même source, dénonçant une « honte institutionnelle » et une « profanation des valeurs kongo ».
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour demander « l’interpellation immédiate de Matezolo, en tant qu’auteur moral de cette barbarie politique, ainsi que de tous les députés-kuluna » qui auraient pris part à ces actes. Une exigence qui traduit la volonté de plusieurs citoyens et acteurs politiques de restaurer l’ordre et la légitimité au sein de l’Assemblée provinciale.
Aux dernières nouvelles, c’est le doyen d’âge NLANDU NSONGO JEAN, né à Kipuati, le 07 Mars 1954 qui est installé comme président du bureau d’âge de l’Assemblée provinciale. Tandis que KUMOYO LANDU JACOB , lui est né à Kinshasa, le 27 Décembre 1954 .
CB
