L’Université de Lubumbashi (Unilu), reconnue pour la qualité de son enseignement, traverse une crise profonde liée à la mauvaise gestion de ses ressources. Depuis plus de dix ans, le recteur Gilbert Kishiba est à la tête de cette institution publique, mais les conditions dans lesquelles étudient les étudiants continuent de se dégrader. Les questions se multiplient : où va l’argent de l’université et qui en profite réellement ?
Aujourd’hui, l’Université de Lubumbashi est incapable de peindre même son bâtiment administratif, qui abrite les bureaux centraux de cet alma mater. Tout doit-il provenir de Kinshasa ? Le président Félix Tshisekedi doit-il venir lui-même pour peindre ? L’université manque même d’un terrain de football avec une pelouse digne de ce nom, essentiel pour le bon déroulement des activités sportives organisées chaque année. L’État congolais doit intervenir. Full stop, il est grand temps.
Les blocs et homes qui hébergent les étudiants internes sont dans un état critique et invivable, avec des toilettes non hygiéniques, des murs sans peinture et aucun entretien. Cette situation constitue une véritable menace pour la sécurité et le bien-être des étudiants.
Selon plusieurs sources internes, l’université perçoit chaque année plusieurs millions de francs congolais issus des frais d’inscription, des frais connexes et des contributions diverses. Malgré ces recettes importantes, les infrastructures restent dans un état déplorable. Les auditoires manquent de bancs, certaines facultés n’ont pas de pavements, et les toilettes restent payantes, obligeant les étudiants à débourser des frais supplémentaires pour accéder à des services de base.
Un étudiant, souhaitant garder l’anonymat, témoigne : « Nous payons tous les frais, mais nous étudions dans des conditions indignes. Les bâtiments s’effritent, certaines salles sont sans bancs, et le recteur ne fait rien pour nous aider. On se demande vraiment où va tout cet argent… » Ce témoignage met en lumière le malaise grandissant au sein de la communauté estudiantine.
La gestion du recteur Kishiba et de son comité est vivement critiquée pour son manque de transparence et d’efficacité. Plusieurs projets de réhabilitation, comme la clôture des facultés, ont été initiés, mais n’ont jamais abouti. Pendant ce temps, certaines écoles internes, comme l’ESI, financent elles-mêmes la construction d’auditoires pour leurs étudiants, faute de soutien de l’administration centrale.
Dans plusieurs facultés, les étudiants doivent se plier à des pratiques absurdes pour suivre leurs cours dans des conditions acceptables. L’absence de sonorisation adéquate et d’infrastructures de base impacte directement la qualité de l’enseignement. Les jeunes Congolais se retrouvent ainsi privés d’un cadre propice à leur éducation, alors que l’argent est bel et bien collecté.
Cette situation critique interpelle les autorités nationales. Des voix s’élèvent pour demander l’implication urgente de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Première ministre et du président Félix Tshisekedi afin de mettre fin à cette gestion opaque et de réhabiliter les infrastructures de l’université. L’avenir des étudiants et la réputation de cette institution en dépendent.
Il devient urgent de dénoncer les responsables de cette gabegie et de restaurer la transparence dans la gestion des fonds universitaires. Les Kassapardes et Kassapards attendent que l’Université de Lubumbashi redevienne un établissement digne de son rang, capable d’offrir à ses étudiants des conditions d’apprentissage sûres et décentes. « L’Unilu, la meilleure », dit-on.
CB
