La situation sécuritaire dans la province de la Tshopo continue de se détériorer, plongeant la population dans la peur et la colère. À Kisangani comme dans les territoires environnants, les cas de meurtres et d’attaques se multiplient, sans réaction tangible de l’autorité provinciale. « Chaque jour qui passe, on enregistre des pertes en vies humaines sans que le gouverneur ne réagisse », déplorent plusieurs habitants de la capitale boyomaise.
L’événement tragique qui a ravivé les tensions est la mort atroce de deux médecins brûlés vifs dans le territoire d’Isangi. L’indignation est d’autant plus grande que le communiqué publié tardivement par le ministre provincial n’a fait qu’« irriter plus d’un Boyomais ». Pour de nombreux observateurs, cette lenteur dans la communication et l’action traduit « un gouverneur dépassé par les événements ».
Le malaise s’est accentué après la diffusion de photos du gouverneur Paulin Lendongolia en villégiature à Dubaï, en compagnie d’une artiste congolaise. Ces images, largement partagées sur les réseaux sociaux, ont suscité l’indignation de la population, qui estime qu’« alors que chez lui ça brûle avec des tueries ça et là », son absence est une preuve d’irresponsabilité et de déconnexion totale avec les réalités locales.
Face à cette montée de colère, des voix s’élèvent pour interpeller le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Beaucoup estiment qu’il est temps pour lui de « prendre des sanctions sévères à l’encontre de ce commis de l’État » accusé d’avoir abandonné ses administrés à leur sort. Dans un contexte de crise sécuritaire persistante, l’inaction du gouvernement provincial devient un fardeau que la population ne semble plus disposée à tolérer.
CB
