Face à la persistance du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a pointé du doigt le manque de fermeté de l’Union européenne à l’égard du Rwanda. Dans un entretien avec EUObserver, relayé par plusieurs médias internationaux, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« inaction calculée » de Bruxelles face aux preuves accablantes du soutien de Kigali au mouvement rebelle du M23.
Selon la diplomate congolaise, la lenteur de l’Union européenne à adopter des mesures coercitives contre les responsables rwandais contraste avec sa réactivité dans d’autres crises internationales. Elle appelle à l’imposition de sanctions ciblées contre les plus hauts dirigeants de Kigali, estimant que les rapports des Nations unies et d’autres organismes internationaux établissent clairement une implication directe de l’armée rwandaise dans l’instabilité à l’Est du Congo. Cette attitude, selon elle, mine la crédibilité de la politique étrangère européenne et alimente un sentiment d’injustice au sein de l’opinion congolaise.
Cette prise de position survient alors que le président Félix Tshisekedi a récemment lancé un appel à l’apaisement en direction de Paul Kagame, lui demandant un « geste de paix de brave » pour ouvrir la voie à une désescalade régionale. Mais sur le terrain, les affrontements se poursuivent et la crise humanitaire s’aggrave. Entre diplomatie prudente et silence européen, Kinshasa s’interroge désormais sur la réelle volonté des partenaires occidentaux de peser dans la résolution durable du conflit.
CB
