Le calme a une fois de plus été brisé dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 octobre 2025, des hommes armés identifiés comme membres des Forces démocratiques alliées (ADF) ont pris d’assaut l’agglomération de Katanga Mukondo, située dans le groupement Manzia, chefferie des Baswagha. L’attaque, d’une extrême violence, a fait au moins huit morts parmi les civils et plusieurs blessés, selon des sources locales. En plus des pertes en vies humaines, une vingtaine de maisons ont été réduites en cendres, poussant des dizaines de familles à fuir précipitamment vers Buyinga et les villages environnants.
Cette nouvelle tuerie intervient dans un contexte d’insécurité persistante dans les territoires de Beni et Lubero, où les ADF multiplient leurs incursions meurtrières. Malgré les opérations conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), les assaillants continuent de semer la mort, profitant du manque d’autorité de l’État dans plusieurs zones rurales. Les Wazalendo du Mouvement Menea Ndula, présents dans la région, auraient également été pris pour cible lors de cette attaque, accentuant la confusion sur le terrain et rendant la riposte encore plus difficile.
Face à la recrudescence des violences, des voix s’élèvent pour réclamer une réorganisation du dispositif sécuritaire. Le nouveau commandant des opérations conjointes FARDC-UPDF aurait proposé la création d’un système de local defence, afin de permettre aux communautés locales de se défendre en première ligne contre les incursions récurrentes des ADF. Une initiative qui reste à l’étude du côté congolais, mais qui, selon plusieurs observateurs, pourrait renforcer la résilience communautaire dans cette région meurtrie par des années de violence.
CB
