Les récentes assises d’une frange de l’opposition congolaise à Nairobi continuent de susciter des réactions au sein du gouvernement. Depuis Washington, le porte-parole de l’exécutif, Patrick Muyaya, a qualifié la rencontre de « non-événement », estimant que ses initiateurs ont « perdu toute légitimité politique ». Selon lui, plusieurs figures présentes à ce conclave portent une part de responsabilité dans les crises sécuritaires qui déstabilisent encore l’Est du pays.
Muyaya rappelle que le président Félix Tshisekedi avait fixé une condition claire pour tout éventuel dialogue : la capacité à « nommer l’ennemi » de la République. « Or, à Nairobi, personne n’a eu le courage de le faire », déplore-t-il, avant d’ajouter que les acteurs impliqués se sont « auto disqualifiés ». Pour le ministre, cette rencontre, tenue sous couvert de promouvoir la paix, dissimule plutôt des ambitions politiques d’un autre âge.
Le porte-parole du gouvernement n’a pas non plus épargné la capitale kenyane, qu’il accuse de devenir « le théâtre d’un complot contre la RDC ». Cette sortie intervient alors que les participants à la réunion ont créé une plateforme baptisée Sauvons la RDC, placée sous la présidence symbolique de Joseph Kabila, récemment condamné à mort. Parmi les signataires figurent notamment Matata Ponyo, Franck Diongo, José Makila et Seth Kikuni — autant de personnalités dont les condamnations judiciaires fragilisent la crédibilité de cette initiative face au pouvoir en place.
CB
